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  La Turquie dans l’impasse  
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par Wallès KOTRA
Depuis deux semaines, la Turquie connaît des heurts qui opposent des manifestants aux forces de police. Des travaux prévus sur la place Taksim, à Istanbul, par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan sont à l’origine de la contestation. Les manifestants l’accusent aujourd’hui de vouloir "islamiser" la société.

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La destruction du parc Gezi et la rénovation de la place Taksim, sont le point d’ancrage des événements en cours. En effet, le dernier parc public d’Istanbul devrait être remplacé par la réplique d’une caserne ottomane abritant un centre commercial, des cafés et des espaces culturels. Des militants écologistes campent dans le parc pour sauver quelques 600 arbres, les travaux ont toutefois commencé le 27 mai dernier. L’arrivée des bulldozers a dégénéré en affrontements violemment réprimés par la police. Ce qui a provoqué un mouvement de protestation général.

L’ascension de Recep Tayyip Erdogan

Président de l’AKP depuis 2001 et Premier ministre de la Turquie depuis 2003. Il commence sa carrière politique au niveau local, après avoir été élu maire d’Istanbul en 1994. Son mandat prend fin en 1998, quatre ans plus tard, lorsqu’il est arrêté pour incitation à la haine suite à la lecture d’un poème du nationaliste turc Ziya Gokalp. Sorti de prison, en 2001, il fonde l’AKP qui devient en 2002, le parti majoritaire à la Grande Assemblée Nationale de Turquie.

Nommé Premier ministre un an plus tard, en 2003, Erdogan conduit d’importantes réformes, et affirme son souhait de voir la Turquie rentrer dans l’Union européenne.

Considéré comme l’homme politique le plus populaire de la Turquie, Erdogan, à la suite de la victoire de l’AKP, a été reconduit dans ses fonctions de Premier ministre à deux reprises : aux élections législatives de 2007 puis en 2011.

« Tayyip, démission ! »

"On les a soutenu car ils avaient promis de mettre fin à la tutelle des militaires pour instaurer une vraie démocratie. Mais à la place, on a un diktat civil qui se mêle de notre vie privée. On en a marre" dit une étudiante en économie qui résume ainsi sa déception. Au-delà des revendications diverses exprimées par les manifestants, tous sont rassemblés autour d’une seule exigence : ils ne supportent plus la façon de gouverner d’Erdogan et réclament sa démission.

Ils sont exaspérés par l’attitude inflexible et intolérante envers toute critique du Premier ministre. Après la restriction récente de la vente d’alcool, la limitation du droit à l’avortement, les gigantesques opérations immobilières sans prendre en compte les contestations des habitants, la pression sur les medias pour qu’ils licencient leurs journalistes opposants, a mis le feu aux poudres.

Le chef du gouvernement a d’abord tenté de désamorcer la fronde par la force puis il s’est entretenu avec des « représentants » de la contestation - son vice-Premier ministre a même évoqué l’idée d’un référendum sur le projet d’aménagement du parc Gezi.

L’incertitude de l’Union européenne

Ce qui était au départ une action pour l’environnement est devenu un mouvement de contestation générale.

Erdogan manie la carotte et le bâton et reste inflexible, la communauté internationale appelle à l’apaisement. La Turquie voudrait adhérer à l’Union européenne, cette question est au centre des débats actuels. Ce nouveau conflit peut-il retarder l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?

Affaire à suivre.

(avec Amandine Mansilla)

14 juin 2013
 
 
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