(durée : 8’50’’)
Après l’ouverture de Jobsourd en juin dernier sur Toulouse et dans la Région Midi-Pyrénées, le site s’est déployé sur toute la France, une première !
Pour de plus amples informations, je vous invite à cliquer sur les vidéos en langue des signes mises en lignes sur le site. La conférence de presse a réuni des personnalités et des profils variés : des responsables de missions handicap, des chefs d’entreprises (entendants ou sourds), des usagers… Nous en avons profité pour aller à leur rencontre et connaitre leurs réactions.
Jean-Charles CORREA
(transcription)
Michèle DELAPORTE
(transcription)
Rachid MIMOUN, Directeur Visuel-LSF France :
"Avant Jobsourd, il fallait user de nos relations, de nos contacts pour obtenir des informations. Quelques annonces pouvaient être glanées sur VISUF, Sourds.net et l’ECHO magazine mais les délais restaient longs. Le temps que l’information soit imprimée, le journal distribué… avec Jobsourd on rentre dans une autre ère, tout va beaucoup plus vite, c’est l’avantage d’un site internet dédié à ces questions."
Patrice PUYBONNIEUX
(transcription)
Véronique NANCHINO : "l’intérêt essentiel réside dans toute la partie interprétariat à distance et dans le sous titrage texte en temps réel. C’est très important pour nous car aujourd’hui, organiser un entretien reste toujours un peu compliqué. Il faut s’y prendre très longtemps à l’avance pour faire appel à un interprète. Or, vous savez qu’il y a une concurrence rude entre les candidats. Souvent, le temps d’organiser le rendez-vous, le poste est déjà pourvu et nous devons annuler l’entretien. Ce site permet de raccourcir les délais et du coup, d’avoir une réactivité plus importante."
Claire DENIZON : "Pour appuyer ce que vient de dire Véronique, aujourd’hui, nos offres sont sur des sites spécialisés handicap. Mais je ne suis pas certaine que les candidats sourds puissent les lire. Donc une traduction en LSF améliorera la compréhension des offres proposées.
D’après nos observations, le problème majeur réside dans la communication. Lorsque des personnes sourdes souhaitent poser une candidature, ils envoient des CV mais se retrouvent bloqués lors des entretiens face aux recruteurs entendants ; ils ont également beaucoup de mal à lire et à comprendre les annonces écrites. A l’inverse, un(e) chef d’entreprise qui serait prêt(e) à accueillir un sourd en adaptant son poste, en prévoyant des interprètes, se retrouve bien souvent dans l’incapacité de recruter, aucun outil n’étant présent pour les orienter dans leur recherche, DEAFI et VISUEL en sont les exemples."
Autre angle de vue : l’entreprise Orange. Concernant les professionnels reconnus travailleurs handicapés, Orange a une politique de recrutement en réseau. Chaque annonce créée est mise en ligne sur leur site, déployée dans toutes les antennes locales et relayée par des structures d’offres d’emploi extérieures. Ils se sont aperçus que parmi toutes les candidatures reçues, il n’y avait pas de sourds. La raison étant que beaucoup de sourds ne savent pas lire. C’est pourquoi Jobsourd a été créé, le site apporte une accessibilité complète, des vidéos LSF, des traductions, etc. Orange est séduit par cette offre, un dialogue est en cours afin que les deux structures puissent complètement coopérer. Avant de clôturer cette conférence de presse, nous donnons la parole à la Fédération Nationale des Sourds de France, membre fondateur de Websourd et donc de Jobsourd. Philippe BOYER, le président, n’a pas pu faire le déplacement, il était représenté par Ronit LAQUERRIERE-LEVEN travaillant à l’ALSF.
Ronit LAQUERRIERE-LEVEN :
"Malgré l’énergie que nous dépensons en actions de sensibilisation pour inscrire la défense des droits des sourds dans la Loi, la réponse que nous recevons des institutions et du gouvernement n’est pas satisfaisante. Ils véhiculent une représentation des sourds qui n’est pas valorisante. Nous ne pouvons pas laisser ce genre de préjugés perdurer, c’est pour ça que la Fédération existe et nous soutenons sans réserve Jobsourd."
Selon la Loi, les entreprises doivent compter 6% de travailleurs handicapés dans l’ensemble de leur personnel ; si ce n’est pas le cas, l’Agefiph prélève une cotisation. Seulement, les employeurs préfèrent recruter des personnes entendantes, quels que soient leur type de handicap. Ils ne sont pas à l’aise avec l’idée d’un collaborateur sourd car ils ont peur des problèmes de communication potentiels. Cette situation met le public sourd en grande difficulté.
C’est pourquoi la Fédération espère vivement que Jobsourd contribuera à une plus grande implication des sourds dans le monde du travail.
Reportage sur Lancement d’un nouveau site Internet JobSourd à Toulouse juin 2012