Complément d’actualité  
 
Tendances  
 
Autour de la Langue des Signes  
 
Numérique  
 
Champs de vision  
 
Echange de savoirs  
 
Traces de Sourds  
 
Précédents articles  
 
Archives  
  Best-of de l’été 2011, n°2 : « Billy Moody »  
Augmenter la taille des caractères Revenir à 100% Diminuer la taille des caractères Imprimer l'article Fil RSS de la rubrique Envoyer à un ami
par Guillemette Bosch
Cet été Websourd a choisi pour vous une sélection des meilleurs articles diffusés sur le site et vous propose ici un « Best of de l’été ». IVT a récemment fait un appel à contributions afin de soutenir leur activité. A l’origine de la création de cette institution, il y a deux américains : Alfredo Corrado, auquel nous avions déjà consacré un article ; et Billy Moody que nous vous présentons ici.

Partie 1 (2’52’’)

Bonjour, je suis Bill Moody, et voici mon signe. Mon signe m’a été attribué par des sourds français, lorsque je travaillais avec eux au sein de la compagnie I.V.T. Lorsque j’interprétais, ils ont remarqué que j’avais ce petit tic (petit coup de pouce sur le nez), et voilà comment ils m’ont donné ce signe qui m’est resté jusqu’à aujourd’hui.

(photo)

Nous sommes à New York, et j’ai grandi aux Etats-Unis, je suis un vrai américain. J’ai travaillé en France, à I.V.T. (International Visual Theatre) de 1967 (ndt : il s’agit en fait de 1976) à 1983.

Alors, vous vous demandez sûrement pourquoi un américain est allé travailler en France. Et bien parce qu’à cette époque, Alfredo CORRADO, également américain, et qui était directeur d’I.V.T. et metteur en scène, m’a demandé un jour d’aller en France pour travailler comme interprète pour lui. J’ai réfléchi, j’ai accepté sa proposition et j’ai déménagé en France où je suis resté pendant sept ans. Je travaillais comme interprète pour la troupe de comédiens sourds d’I.V.T. ainsi que pour interpréter des interviews de journalistes pour la télévision, les journaux ou la radio.

Je faisais également partie de la tournée lorsque la compagnie se rendait dans différents festivals aux quatre coins de l’Europe.

(photo)

Ma première fonction au sein d’I.V.T. était celle d’interprète. Mais je travaillais également pour la promotion de la langue des signes, et lorsqu’il y avait une nouvelle création d’I.V.T., je faisais ce travail de promotion, afin de sensibiliser l’opinion publique. Mon but était de faire découvrir cette langue aux entendants qui tombaient assez vite sous son charme. Ensuite, nous avons eu de plus en plus de demandes de cours de langue des signes, alors j’ai sollicité les comédiens sourds et leur ai demandé s’ils pouvaient enseigner leur langue aux entendants enseignants, orthophonistes ou parents. C’est donc à ce moment là qu’ont été créés les cours de langue des signes au Château de Vincennes à Paris.

Partie 2 (3’27")

Nous avons très vite observé une augmentation impressionnante des cours de langue des signes à I.V.T., au Château de Vincennes et le besoin de supports s’est vite fait ressentir. Nous avons donc édité à ce moment-là les dictionnaires de langue des signes d’I.V.T. Dans le tome 1, il y a une présentation historique de la langue des signes, ainsi que des notions de grammaire. Nous avons ensuite édité le tome 2, 3 et ainsi de suite, et ces dictionnaires continuent à se vendre aujourd’hui.

Le Château de Vincennes est un lieu important pour l’histoire d’I.V.T. de sa création jusqu’au jour où I.V.T. a déménagé pour s’installer au Théâtre Chaptal où il se trouve aujourd’hui.

Après Alfredo CORRADO, c’est Emmanuelle LABORIT qui est maintenant metteur en scène et l’histoire d’I.V.T. a été construite sur des fondations tellement solides, qu’elle continue aujourd’hui et continuera, j’en suis sûr, encore longtemps.

(photo)

Lorsque je suis arrivé en France, j’ai d’abord été surpris de voir tout ce qu’il manquait par rapport à ce que nous avions aux Etats-Unis. Il y avait déjà à cette époque, en Amérique, des diplômes d’interprètes, des formations Universitaires et les sourds étaient nombreux à suivre des cours à l’université. En France, nous n’en étions pas là, et les sourds ont vraiment dû s’atteler à promouvoir leur langue pour qu’il puisse y avoir l’évolution que l’on peut observer aujourd’hui. Il y a aujourd’hui en France des diplômes d’interprètes et lorsque je suis allé pour la première fois en France, nous en étions très loin. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas terminé, et il vous reste du pain sur la planche.

Aux Etats-Unis aujourd’hui, il ne faut pas croire que les sourds vivent dans les mêmes conditions que les entendants ; il existe encore des inégalités.

Mais pour en revenir à la situation française, si l’on compare la France d’aujourd’hui à celle que j’ai connue à cette époque, on peut se féliciter de l’avancée considérable qu’elle a vécue.

Je vais régulièrement en France, j’y ai gardé des liens et des amitiés très fortes qui resteront, à jamais, gravés dans mon coeur.

(photo)

Ici à New York je suis heureux, je travaille comme interprète, souvent pour le théâtre, mis en scène par des entendants et je traduis les pièces de théâtre en langue des signes, j’adore ce métier.

Nous espérons, Ralph, Alfredo et moi-même, pouvoir venir l’année prochaine à Paris pour l’inauguration du Théâtre Chaptal d’I.V.T. qui sera un évènement d’une grande émotion, et qui me tient vraiment à coeur.

Au revoir et, peut être, à l’année prochaine.

(photo)

C’était l’interview de Billy MOODY.

12 août 2011
 
 
Thèmes
 
 
Ajoutez un commentaire  
Contactez-nous Plan du site Coordonnées de WebSourd Téléchargements Le fil RSS Visite pour la première fois ? Conditions d'utilisation Visuf WebSourd entreprise Oplink Elision