Sommaire :
1/ Dernière étape du voyage
2/ La vie en Mongolie
3/ Une journée avec la famille de Batsukh et Ganga
(durée : 1’30’’)
Nous voici arrivés au terme de notre voyage en Mongolie. Vous avez pu voir à quel point la Mongolie est un pays gigantesque où la nature fait la loi. Au cours de ce reportage, Barbara, Laure et Ana ont pris le temps de nous expliquer les facettes du pays, ainsi que les choses indispensables à savoir avant de s’engager en terre inconnue.
Pour cette dernière étape, les trois jeunes voyageuses nous ont raconté comment se passait une journée dans une famille mongole, afin de nous imprégner de leur quotidien. Elles ont pris un réel plaisir à le faire et nous les remercions chaleureusement. Espérons que ce reportage vous aura donné envie de goûter à l’aventure à votre tour !
Vous aussi, n’hésitez pas à nous faire part de vos expériences de voyage, et faites-les partager aux internautes de WebSourd.
En attendant de repartir vers une autre destination, en selle !
(durée : 7’30’’)
Au travers de notre voyage d’un mois, nous avons eu la chance de pouvoir être intégrées à trois familles nomades : une famille du Bulgan et deux familles de l’Arkhangai.
La toute première fois, l’inquiétude nous tenait fermement : comment allions-nous nous intégrer ? Les Mongols utilisent des us très codifiés, allions-nous réussir à tous les respecter ? Les Mongols sont soumis à une variation de leur culture. Les traditions très ritualisées de leurs ancêtres sont toujours d’actualité mais elles tendent à s’assouplir et parfois même à disparaître. Comme toutes les cultures, elle s’adapte et se renouvelle.
Les gestes, le regard, la place du corps restent des éléments importants aujourd’hui, nous avons pu le constater partout où nous sommes passées. Sous la ger, les invités se placent à gauche en entrant (à l’Ouest) et la famille en face. Le Nord est réservé aux ancêtres et aux hommes. Les Mongols parlent peu mais se regardent beaucoup : ils attendent aussi du novice qu’il observe, qu’il imite. Si vous faites une erreur, ils vous reprendront et vous montreront le bon chemin.
Lors de vos arrêts, vous rencontrerez des övöö dont les Mongols font le tour en déposant une pierre en guise de prière.
Renseignez-vous sur ces coutumes pour ne pas être perdu sur place. La communication avec les Mongols est simple si vous savez vous adapter à eux. Essayez, imitez, respectez et vous serez surpris de la facilité de communication. Un après-midi chez une mère célibataire, notre interprète dormait et nous avons discuté de ses accouchements. Un sujet rendu difficile d’accès par la pudeur et la culture qui pourtant par gestes et regards nous a été ouvert.
Ne vous offusquez pas des moqueries : nous avons été la risée des cavaliers avec nos étriers trop longs, nos tenues originales et notre confort jugé parfois superflu. Les Mongols ont le rire facile, utilisez-le pour désamorcer les situations au besoin.
Par ailleurs, ne refusez aucune nourriture : trempez vos lèvres, ou prenez un tout petit bout de nourriture si vous n’aimez pas, ou si vous n’avez pas faim ; l’inverse serait pris pour une offense. Si la famille visitée ne paraît pas avoir beaucoup de nourriture, ne vous servez pas plus que la politesse ne l’indique : vous repartirez le ventre vide mais vous n’aurez pas appauvri la famille.
Les nomades vivent de l’élevage de plusieurs types de bêtes. Les chevaux, les moutons, les vaches, les yacks mais aussi les chèvres et les chameaux. Selon les régions, les éleveurs constituent des troupeaux de telle ou telle sorte. Ils déménagent quatre fois par an pour satisfaire les besoin d’herbage de leurs bêtes.
Le rapport à l’animal en Mongolie est bien différent de ce que nous vivons en France. La domestication et l’élevage ne se font que par besoin : les chiens gardent les troupeaux des loups, les troupeaux nourrissent les hommes. Le lien qui unit la bête à son propriétaire n’en est pas moins fort puisque chaque élément apporte l’équilibre d’un tout. Vous ne verrez donc pas un homme caresser son cheval. Pourtant, il sera attentif à son œil, à son poil et veillera à son bien être.
Le moyen de locomotion utilisé en priorité par les nomades est le cheval. Certaines familles sont propriétaires de moto russes mais l’essence est chère. Lorsque vous vous déplacez à cheval, vous vous mettez à l’égal des Mongols.
Pour conclure notre partage d’expérience sur la Mongolie, nous avons tenu à vous raconter une journée en famille nomade. Ainsi vous vivrez quelques instants la vie Mongole !
3/ Une journée avec la famille de Batsukh et Ganga
(durée : 12’10’’)
La famille où nous avons eu la chance de vivre une semaine se compose de six personnes : le père Batsukh, la mère Ganga, et quatre enfants : Aagii, 17 ans – Tuvshe, 14 ans - Uka, 13 ans et Oogii, 4 ans. En été, les enfants rentrent de la ville où ils suivent leur scolarité pour aider leurs parents.
La famille se lève tôt : entre cinq heures et six heures trente. Aagii et son père partent chercher les chevaux et les yacks que Ganga, Tuvshe et Uka trairont ensuite. Pour les juments, la traite a lieu sept fois par jour avec l’aide d’Aagii et de Batsukh qui maintiennent les poulains.
Vers dix heures, chacun s’attèle au bricolage et à toute aide nécessaire au campement. Aagii coupe du bois ou confectionne des filets pour les montures. Ganga, Tuvshe et Uka se chargent de la préparation du yaourt et du fromage : l’aarul. Il servira à la consommation immédiate mais sera aussi séché pour être consommé l’hiver. Tout au long de la journée, la famille et les visiteurs participent à l’élaboration de l’aïrag, lait de jument fermenté, en le remuant dans un tonneau.
Des visiteurs arrivent au campement. Ganga leur indique la ger où les visiteurs se désaltèrent avec de l’aïrag, fument et discutent avec Batsukh des nouvelles de la famille et de la région. L’homme occupe une place prédominante dans la transmission des informations tout en partageant son tabac, sa nourriture et ses boissons.
Oogii quant à elle vaque à ses occupations, mimant les actions de ses frères et sœurs, ou effectuant de petites tâches avec une minutie extrême : nous l’avons par exemple vue découper un oignon en petit morceaux, très soigneusement. En observant et en essayant de reproduire, le novice se forme donc à la vie mongole.
Les Mongols n’ont pas vraiment d’horaires pour manger, le yaourt et l’aruul les rassasient à toute heure, l’aïrag et le suutai tsai (thé salé) les désaltèrent. Cependant, en raison de notre présence, des repas plus ou moins européens nous étaient servis.
L’après-midi, plus calme, est rythmée par la traite des juments à laquelle toute la famille participe. Un moment de détente pour tous : jeux de cartes, sieste, leçon de Mongol pour nous ... mais l’accalmie profite aussi aux Mongols qui prennent un peu de repos ou effectuent dans la discrétion la plus totale leur toilette. Vers dix-sept heures, Aagii part chercher les yacks, excellents grimpeurs qu’il faut donc aller chercher à cheval ou à pieds dans la montagne. A peine rentrés, la traite commence. Tuvshe et Uka partent ensuite chercher les chèvres et les moutons : les troupeaux reviennent progressivement vers le campement.
Les Mongols prennent fréquemment un grand repas le soir pour jouir d’un moment de partage privilégié avec leurs hôtes et leur famille. A votre arrivée, ne soyez pas gênés qu’un mouton soit tué en votre honneur, il sera partagé durant les repas. Ces repas conviviaux donnent parfois lieu à des conversations animées ! S’en suit le coucher vers vingt deux heures, matelas et couvertures sont déroulés dans la ger, et tout le monde s’endort alors avec le bruit de steppe environnante…
Nous espérons vous avoir donné le goût du voyage et des informations utiles sur la Mongolie : Bayartaï !
Vous pouvez nous retrouver de manière plus détaillée sur :
http://bamilona.over-blog.com
Vous trouverez sur notre blog de nombreux textes et photos, ainsi que des vidéos sous-titrées !
Barbara Altazin, Laure Delacloche et Ana Phelippeau