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par Lionel VIVET
Avant de clôturer la conférence « Evasion Japon », Pascal Marceau nous parle de la vie professionnelle des personnes sourdes au japon et Yumiko nous apprend quelques signes.

1) Vie professionnelle des sourds (2’21’’)

Je me questionnais sur la vie professionnelle des sourds au Japon, Yumiko ne vous en a pas parlé, ce qui est dommage, je vais le faire : Yumiko a travaillé dans une agence de voyage, cela me paraissait déjà original mais de savoir qu’ils étaient plusieurs sourds embauchés, j’ai trouvais cela vraiment surprenant. En définitif c’est la loi qui le leur impose. Les entreprises ont l’obligation d’embaucher des personnes sourdes signantes. Cela leur permet de faire des économies car du coup ils n’ont pas besoin de payer des interprètes. Ce qui n’est pas bête. Ensuite si une personne sourde est employée, l’entreprise a obligation d’embaucher d’autres personnes sourdes afin d’éviter l’isolement. Et cela est inscrit dans la loi ! C’est fort.

Je me souviens d’une certaine personne, dont je tairai le nom, très militante engagée dans plusieurs associations, lorsque je lui ai dit qu’il serait possible de faire inscrire ces points dans la loi, elle m’a rétorqué que c’est strictement impossible…OK d’après elle c’est impossible. Quel est le nombre minimum obligatoire de personnes sourdes embauchées dans une entreprise ?

Yumiko pourra mieux répondre à cette question

Yumiko : Une entreprise a effectivement obligation d’embaucher 1% de personnes sourdes.

Pascal Marceau : Pour moi c’est clair, si on pousse à l’embauche, on aura moins besoin d’interprète. On a vu tous les outils techniques, mais la référence essentielle me paraît être l’université. C’est un progrès énorme et cela permet des avancées considérables. Car après l’université, ces sourds deviennent des références, ils s’impliquent dans la société (avancées législatives, laboratoires de recherche...). Et ce n’est pas que de l’apparat, c’est possible.

2) Quelques signes japonais (2’54’’)

Avant de refermer cette présentation, je vais vous apprendre quelques signes japonais. Pascal signera en français et je signerai la même chose en Japonais. Pascal : Bonjour Yumiko : Bonjour…cela se signe ainsi car lorsqu’on se dit bonjour, on ne se s’embrasse pas mais on se salue en baissant la tête. Pascal : Ça va ? Yumiko : Ça Va ? Pascal : Merci. Yumiko : Merci. Pascal : Pardon. Yumiko : Pardon. Pascal : S’il te plaît. Yumiko : S’il te plaît. Pascal : Oui. Yumiko : Oui. Pascal : Non. Yumiko : Non. Pascal : Bien. Yumiko : Bien. Pascal : Attends, tu signes c’est bon, ou bien. Yumiko : « Bien » mais attention ce n’est pas « faire l’amour »comme vous le signez ici ! Pascal : Mauvais. Yumiko : Mauvais. Pascal : Homme. Yumiko : Homme ainsi [gros pouce] car ils sont costauds. Pascal : Femme. Yumiko : Femme [petit doigt] car elles sont menues. Pascal : Marié. Yumiko : Marié ainsi [signe de la femme accolé au signe de l’homme] car c’est l’homme avec la femme. Pascal : Moi. Yumiko : Moi.

Pascal : On avait tous les deux un point de désaccord sur le terme « moi ». Se montrer le bout du nez, cela n’a pas de sens. Même si l’on demande à des entendants en France et qu’ils ne connaissent rien aux signes, ils vont pointer leur poitrine du doigt mais pas le bout de leur nez !!!

D’après Yumiko, c’était culturel. Comme la discussion ne menait à rien, on a appelé le serveur du restaurant dans lequel nous étions. Il ne connaissait rien aux signes non plus et on lui a demandé comment il signerait « moi ». Tenez-vous bien, il nous a montré le bout de son nez ! Il n’y avait plus rien à rajouter. C’est effectivement leur culture, je n’avais plus qu’à me taire. C’est comme pour indiquer quelque chose ou dire non, nous utilisons seulement l’index tandis qu’eux utilisent la main complète, c’est ainsi, il n’y a pas à discuter !

3) Remerciements (51’’)

A Pascal Marceau pour sa conférence et d’avoir accepté de diffuser sa conférence sur le site websourd.org A Yumiko Nagai d’avoir accepté d’accompagner Pascal Marceau et de diffuser sa conférence sur le site websourd.org Aux guides sourds japonais d’avoir donné l’information sur l’Histoire du Japon A l’université du laboratoire NTUT Tsukuba de son autorisation de publier les extraits des images de leur laboratoire. A François-Maurice Charrière, ancien président de CADA74 de s’occuper de filmer la conférence.

5 mars 2010
 
 
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