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retour Vous êtes ici : Festival Clin d’Oeil 2005 (mise à jour le 10 août 2006)  
 
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  En un clin d’oeil, la culture sourde au sommet de l’Europe  
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par Marylène CHARRIERE

Nous voici dans l’ambiance du Festival Clin d’Oeil où se rassemblent de nombreux festivaliers venus des quatre coins de l’Europe. Ce festival se déroule les 1er, 2 et 3 juillet 2005 à Reims, à quelques kilomètres à l’Est de Paris. Il est organisé par l’association CinéSourds de cette ville. Plusieurs formes artistiques, typiquement sourdes, des pays européens y compris les pays de l’Est sont présentées. Il s’agit de représentations diverses : arts, culture, spectacles... Un vrai régal pour les spectateurs venus assister aux représentations !

Sommaire

1. 1ère partie : Trois jours du Festival Clin d’Oeil 05
2. 2ème partie : Trois jours du Festival Clin d’Oeil 05
3. 3ème partie : Trois jours du Festival Clin d’Oeil 05
4. 1ère partie : Compétition de court-métrages
5. 2ème partie : Compétition de court-métrages
6. 3ème partie : Compétition de court-métrages

Par MC et CCN

Trois jours du Festival Clin d’Oeil

1. 1ère partie : Trois jours du Festival Clin d’Oeil (6’02’’)

Le festival « Clin d’œil » s’est déroulé en juillet 2005. Trois journées pleines d’échanges, de découvertes et d’émotions sur le thème de l’art. « Clin d’œil » a été une grande première puisqu’il a été le premier festival européen à présenter la spécificité de la culture sourde. L’association « Cinésourd » a organisé le festival et a invité à ce titre 15 pays européens dont quelques pays de l’Est qui ont rejoint l’Europe depuis peu : la Lettonie, la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque. C’est une façon d’encourager l’émergence de ces pays. 150 artistes sourds : des réalisateurs, des metteurs en scène, des comédiens, des artistes, peintres, sculpteurs...sont également venus d’Australie, de Suisse et de Norvège.

Trois domaines artistiques ont été présentés : Théâtre : représentations de spectacles « solo » ou avec plusieurs comédiens. Art moderne : une gigantesque exposition d’art dans laquelle des peintres et sculpteurs sourds ont exposé leurs œuvres sur des stands. Audiovisuel : projection de films, de documentaires, de courts métrages ainsi que de films d’animation 3 D. Le meilleur court métrage sourd a également été récompensé lors d’un concours.

Chiffres-clé :
- Vingt films hors compétition ou en compétition (dont ce meilleur court métrage sourd) ont été présentés. On a pu voir des films amateurs, professionnels, des longs et courts métrages, des films expérimentaux, des fictions, des films d’animation 3 D...
- Une grande exposition d’art moderne a été organisée, avec la participation de 45 artistes qui ont exposé leurs œuvres : des dessins de styles artistiques divers, des décors comprenant des verres peints, de la céramique, des compositions florales, des sculptures en bois, en pierre, en fer...des photos de bijoux. Des éditeurs, écrivains et aussi un styliste de haute couture ont exposés leurs créations.
- Trente jeunes sourds et entendants âgés de 6 à 12 ans ont participé à un atelier de théâtre, mis en place pour la première fois au festival. Durant trois jours, les enfants ont joué et répété un petit spectacle qu’ils ont par la suite présenté.

2. 2ème partie : Trois jours du Festival Clin d’Oeil(04’32’’)

Durant ces trois jours de festival, environ 1300 visiteurs sont venus pour la moitié de France et pour l’autre moitié de l’étranger. Ces derniers sont même venus de très loin comme par exemple du Japon et des Etats-Unis. Le festival était ouvert pour tous publics : sourds et entendants. Les gens présents ont pu apprécier la qualité des représentations et admirer la culture sourde. La ville de Reims est donc reconnue comme capitale culturelle européenne.

Ce festival, organisé tous les deux ans, a pour vocation de promouvoir la culture sourde et de contribuer à son rayonnement et à la diffusion de ses valeurs au sein de la communauté sourde et entendante. Cette rencontre leur permet d’établir des liens et de riches échanges. Intéressons nous un peu à la genèse de ce festival. La première édition a eu lieu en 2003, année européenne des personnes handicapées, et a pu bénéficier de subventions européennes en tant que premier festival français de ce genre. Cette première a duré deux jours, pendant un week-end et a rencontré un succès fou. L’association organisatrice, « CinéSourd », a alors décidé de reconduire le festival tous les deux ans. 2005 est donc la 2ème édition du Festival Clin d’œil, mais cette fois l’accueil est large car ouvert à toute l’Europe et pas uniquement à la France. Le festival s’est déroulé dans un immense congrès avec de grandes salles.

Félicitations pour l’engagement de toute l’équipe de cette petite association et coup de chapeau au fondateur de ce festival David de Keyser pour sa persévérance.

3. 3ème partie : Trois jours du Festival Clin d’Oeil (05’41’’)

Cette année 2005 a été très riche au niveau du programme. En effet, différents lieus proposaient diverses activités : le Centre des Congrès où un large public s’est retrouvé ; la Médiathèque où de nombreux films ont été projetés et où les réalisateurs étaient présents pour permettre des débats ; le Domaine POMMERY où l’on fabrique du champagne, et où une visite des caves a été organisées ; des fêtes, galas étaient également au programme du soir ; le foyer des sourds nommé Fondation MERCIER accueillait tous les soirs les visiteurs venus faire la fête, se rencontrer mais aussi assister à des spectacles et bien d’autres divertissements. Clin d’Oeil en images....

Le festival Clin d’Oeil a donc été un modèle fort permettant au public de voir de très nombreux artistes de qualité et de développer la culture sourde. Ces artistes éparpillés dans le monde entier ont pu eux aussi se retrouver et échanger sur leurs compétences, leurs idées... Ainsi de retour chez eux, ils garderont en souvenir ces moments forts et pourront continuer leur travail avec conviction, sachant qu’ils ne sont pas seuls. C’était aussi l’occasion pour ceux qui souhaitent devenir artiste, de les conforter dans leurs possibilités en découvrant le travail des comédiens sourds et de prendre modèle sur eux. Cet évènement permettra de développer, d’enrichir la culture sourde et de lui donner de l’élan pour l’avenir, il est un réel modèle.

Cela nous rappelle les banquets du 19ème siècle où de nombreux sourds se réunissaient, non seulement pour se retrouver mais aussi pour dynamiser la communauté sourde sur le plan politique. Il s’agissait de représenter notre communauté et donc de faire savoir que celle-ci était forte et unie.

Nous remercions les organisateurs et rendons hommage à ce festival qui prend le flambeau au niveau de la culture sourde. Il permet à la communauté sourde de se nourrir et de se construire sur des bases solides.

Compétition de court-métrages

4. 1ère partie : Compétition de court-métrages (5’)

Pour la première fois, lors du festival Clin d’Oeil 2005, a eu lieu un concours du meilleur court métrage sourd européen !

Cette idée émane de l’association CinéSourd qui a proposé à des réalisateurs sourds de lui adresser leur court métrage afin de procéder à une sélection. Sur 20 réalisateurs en lice, 7 ont été retenus : deux français, deux suédois, un anglais, un norvégien, un italien

Amateurs et professionnels tout confondus ont présenté des styles forts différents : film noir et blanc ou couleur, muet ou uniquement en langue des signes, des fictions... Regardez ces images...

Samedi 2 juillet, le jour J est arrivé...En séance plénière, le public et les six membres du jury (l’Angleterre, l’Espagne, la Belgique et la France y sont représentées) sont en attente de voir les sept courts métrages sélectionnés.

Ce jury de sourds et d’entendants, issu du monde théâtral et du cinéma mais aussi politique, travaillant occasionnellement avec des personnes sourdes, a pu assister à la projection de ces courts métrages et choisir, après concertation, le meilleur court métrage.

5. 2ème partie : Compétition de court-métrages (04’30’’)

Emmanuelle LABORIT : "- Mon prénom se signe ainsi (lumière de cœur). Je suis comédienne et directrice d’IVT. A votre tour..."

Terry RILEY : "- Je m’appelle Terry Riley, je suis le responsable du secteur des émissions pour sourds à la BBC."

Helga STEVENS : -"Salut, je m’appelle Helga Stevens je suis présidente d’EUD (european union of deafs) et depuis un an députée au parlement flamand. Au revoir.

Bruno QUERSA : -"Je suis Bruno Quersa, reporter photographe en France, Angleterre et Ecosse, et membre de ce jury. C’est tout."

Fellicano SOLA LIMA : -"Mon signe est celui-ci, je m’appelle Fellicano Sola Lima. Je viens d’Espagne. Je suis vice président de la fédération mondiale des sourds (WFD). Le président n’a pas pu venir, il m’a donc demandé de le remplacer. Je suis également responsable de l’organisation du congrès mondial des sourds qui aura lieu en 2007. J’espère que vous allez venir nombreux. Bienvenu en Espagne ! Merci."

Mario ROSSI : -"Bonsoir, je suis Mario Rossi, mais français ! Je suis l’adjoint au maire de Reims et chargé des affaires culturelles et de la communication. Je suis content de vous accueillir ici."

Emmanuelle Laborit : « Le jury a eu du mal à se départager concernant le choix du meilleur court métrage. Nous avions à cœur notre rôle et nous étions intransigeants, d’où les nombreuses et longues argumentations entre nous. Nous avons fini par voté à bulletin secret ! Je suis heureuse de vous annoncer le gagnant : un court métrage suédois « Alvet och host »

Jérôme CAIN : « Merci tout le monde. Je n’ai pas préparé un éventuel discours du gagnant, mais bon je vais exprimer ce que je ressens en ce moment. Voilà j’ai une idée ! Je vais vous raconter des retrouvailles. Quand je suis venu présenter mon court métrage, je suis tombé dans les bras de Pascal Gendreau que j’avais rencontré 10 ans auparavant lors de ma visite en France. Pascal est le réalisateur d’Amour Orange. J’étais vraiment ravi de le revoir. Mais ce n’est pas le seul, j’ai aussi retrouvé des connaissances d’Amérique, de Russie et d’autres pays. Le monde est petit, celui des sourds encore plus. On se connaît tous. Merci à vous, à tous ceux que je connais. »

Cette compétition a fait la promotion d’un métier de réalisateur sourd. Un genre de revalorisation qui favorise la création d’œuvres visuels par les sourds et le développement de ce métier en Europe qui vient tout juste d’apparaître.. Ce genre de compétition promeut et valorise le métier de réalisateur sourd. Cela permet également d’encourager la création et le développement d’œuvres audiovisuelles typiquement sourdes. On constate que ce métier est en pleine expansion et espérons que le nombre de réalisateurs sourds européens va continuer à croître.

6. 3ème partie (04’39’’)

Le jury après délibération a attribué le prix du meilleur court métrage européen à un réalisateur suédois : Jérôme Cain pour son film : « Alvet och host ». Une statue de bronze « Clin d’œil » ainsi qu’un lot de pellicule Fuji d’une valeur de 1500 euros, lui ont été remis avec les applaudissements du public. Websourd a réussi à attraper au vol l’heureux réalisateur et le comédien qui est également suédois. Voici l’interview...

Jérôme CAIN : « Vous connaissez probablement la méthode qu’on utilise avec une caméra classique pour faire de l’animation. Nous, nous avons choisi une méthode plus moderne qui consiste à utiliser un logiciel informatique qu’on peut trouver sur ce site www.frameaneit.com et qui coûte environ 30€. A chaque captation d’acteur on mettait l’image dans le logiciel et comme ça, cadre par cadre on a filmé pendant 4 jours. Le travail a été long, oh oui ! Il fallait du temps pour le montage, l’enregistrement etc... Même si la captation de chaque mouvement a pris beaucoup de temps, la vidéo qu’on a obtenue est relativement courte. »

Alexej SVETLOV : « Je connaissais déjà la méthode de captation image par image alors j’ai rencontré le réalisateur et on a créé cette histoire avec la méthode de mouvement progressif. J’aime beaucoup cet art ; je suis vraiment ravi d’avoir reçu ce prix : la joie m’envahit... »

Jérome CAIN : « Jusqu’à l’an 2000 j’exerçais le métier de formateur en LSS. Mais la caméra a bouleversé ma vie et l’a totalement changé. Après avoir fait des études en cinématographie , j’ai réalisé 14 films en 5 ans. Ce prix est attribué à mon 12ème film et le 14ème vient d’être terminé. Je compte faire 2 à 3 court métrages par an de tous les genres : ludique pour les enfants et plus sérieux pour aborder des problèmes d’adultes. Que ce soit pour des longs-métrages ou des courts-métrages on peut sans problème filmer sur un vélo, des rollers ou même d’autres supports en utilisant une steadycam (une caméra fixée à l’opérateur). Selon le scénario, on utilisera cette technique ou bien une caméra sur pied. Ces différents moyens de filmer nous permettent d’avoir une gamme infinie de films différents et donc d’enrichir cet art. »

17 octobre 2005
 
 
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