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Les travailleurs de Fukushima aux limites de la résistance humaine
Depuis que la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima 1) a subi le séisme de magnitude 9 et un tsunami allant jusqu’à 14 mètres de haut, des techniciens, des "super pompiers" et des soldats se tuent à la tâche dans un environnement radioactif.

(Durée:03’53")

Des techniciens, des pompiers et des soldats tirent des câbles pour rétablir l’électricité, dégagent les débris encombrant les sites, aspergent les réacteurs privés de systèmes de refroidissement et tentent de relancer le fonctionnement d’équipements.

Portant une combinaison, des gants doublés et un masque de protection, et équipés de lampes de poche pour s’éclairer dans des lieux souvent plongés dans la pénombre, les équipes se succèdent 24 heures sur 24 avant de goûter un court repos.

Les travailleurs du risque dorment dans un bâtiment situé dans l’enceinte même de la centrale, prévu pour résister en partie aux radiations, qui atteignent toutefois un taux supérieur à la normale dans cet espace confiné.

Ils dorment dans des conditions précaires, avec le matelas très médiocre.

"Les employés dorment en groupe dans des salles de réunion, les couloirs ou près des salles de bain. Tout le monde dort à même le sol", explique Kazuma Yokota, un surveillant de la centrale.

"Nous mangeons deux fois par jour. Au petit-déjeuner, des biscuits énergétiques, au dîner du riz instantané et des aliments en conserve", explique-t-il à une équipe de télévision nipponne, des poches sous les yeux.

Dans les premiers jours de la crise, chaque intervenant ne recevait qu’un litre et demi d’eau en bouteille, a-t-il regretté, précisant que certains s’étaient plaints de ne pouvoir changer leurs sous-vêtements pendant deux semaines.

"Nous voulons éviter autant que possible de rester trop longtemps (sur le site de la centrale), car nous sommes exposés en permanence aux radiations", souligne M. Yokota.

Le porte-parole du gouvernement a reconnu pour sa part que la rotation des travailleurs n’était "pas suffisante".

"Il est difficile de trouver des remplaçants ayant des compétences pointues", capables d’aider à la relance cruciale du système de refroidissement des réacteurs, a souligné un responsable de l’entreprise Hitachi, qui a envoyé 170 personnes à Fukushima Daiichi.

Deux ouvriers ont été irradiés la semaine dernière, après avoir marché, équipés de simples bottines, dans de l’eau ayant fui dans une salle des machines.

"Les conditions de travail étant de plus en plus dangereuses, je ne pense pas pouvoir trouver d’autres salariés qui accepteraient d’y aller", a confié un sous-traitant au journal Asahi.

Les difficultés rencontrées par les 500 personnes, employés de la compagnie d’électricité gérant le site, Tokyo Electric Power (Tepco), ou des sous-traitants pour stabiliser la situation risquent toutefois de prolonger la durée des travaux.