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par Jean-Olivier REGAT

Nous continuons notre reportage sur le festival Clin d’Oeil. Cette fois, nous vous entraînons sur le troisième thème : le prix de jury pour le meilleur court métrage Sourd européen et le prix spécial pour le meilleur scénario.

Sommaire
1- L’hommage à deux réalisateurs sourds (6’49")
2- Le gagnant du Prix du jury et son film (5’57")
3- Le sculpteur du trophée (2’12")

Par MC

1- L’hommage à deux réalisateurs sourds (6’49")

Au total, 35 courts-métrages étaient présentés. Après les avoir visionnés, le jury en a récompensé deux. Le prix du meilleur film sourd européen a été décerné à un Anglais, Louis NEETHLING pour le film « Coming out ». Le prix du meilleur scénario à été remis à un Norvégien, Con MELHUM pour « Nilsen ». Nous avons demandé à la présidente du jury Sandrine HERMAN, pourquoi le comité du jury a décidé d’attribuer deux prix au lieu d’un seul et ce qui avait motivé leur choix.

(Sandrine HERMAN) "Nous avons regardé la qualité du film c’est a dire, le scénario, les images, les comédiens, la mise en scène, nous souhaitions que tout cela soit le plus professionnel possible. Le film « Coming out » rivalise avec les films classiques, il montre bien l’humour anglais et la culture de ce pays.

(Images)

Beaucoup étaient prometteurs, comme le film de Con, « Nilsen », qui est un film plus artistique, un point de vue sur la société. C’était très intéressant et le jury a eu un long débat sur ce film. les Entendants du jury n’ont vu dans le personnage du film qu’une personne agée alors que les Sourds ont vu une personne agée sourde ! Les Entendants n’ont pas fait attention au flash lumineux dans le film. Seule la lumière permettait de comprendre qu’il était sourd et le fait que le jury entendant ne l’ai pas perçu montre bien que les sourds passent inaperçus. On peut imaginer la solitude d’une personne agée, celle ci est d’autant plus accentuée si c’ est une personne sourde.On était donc à égalité avec le premier film. De plus, les images de ce film sont très belles, la caméra suit l’Oeil du personnage.

(Images)

Le jury à été unanime sur le choix du film, mais nous ne voulions pas que notre choix soit guidé par nos compétences de réalisateurs ou nos compétences techniques, nous voulions avoir le même regard que les spectateurs. Lors de la projection du film, on a ressenti une énergie commune dans la salle. Nous avons mis de côté nos compétences pour ne nous laisser guider que par le plaisir. Et pour finir notre choix a été le même.

(Images)

Avant la projection, bien sûr qu’on pouvait être fier de ce que nous avons fait, les Sourds produisent des films, il faut en être fier. Cette année il y a 15 films, c’est pas mal, sans compter ceux qui sont hors compétition ! Il y a deux ans, il y en avait beaucoup moins. Cette augmentation va nous permettre de travailler ensemble,de créer une sorte d’ émulation entre nous pour faire de meilleurs films. C’est ça l’objectif à atteindre. Moi même en tant que réalisatrice, j’ai besoin de vrais échanges avec un vrai regard de Sourd."

2- Le gagnant du Prix du jury et son film (5’57")

Le prix du meilleur court métrage Sourd Européen a été attribué à un film nommé « Coming out ». Le réalisateur, M. Louis NEETHLING, est né en Afrique du Sud, où il a passé son enfance et effectué ses études. Il est installé à Londres depuis 7 ans, où il travaille pour la BBC. Il y dirige les comédiens de la série « Switch » depuis 5 ans. Il a été très touché par cette récompense car c’est un passionné de court-métrage. Il nous en parle.

(Louis NEETHLING) "Cette statuette, contrairement à d’autres récompenses du même type, est très pertinente. Le socle, constitué de bobines de film, et le personnage sont tout à fait adaptés au sujet : le court-métrage.

(Images)

Je ne connaissais aucun des membres du jury. David de Keyzer, lors de sa présentation, a indiqué que ceux-ci étaient tous des professionnels de l’audio-visuel. J’ai assisté à la projection des films en compétition, sans vraiment me soucier de mon classement éventuel. J’ai donc été très surpris et flatté d’être le lauréat de ce concours.

(Images)

Ce film fait une analogie entre l’homosexualité et la surdité. On passe par une phase de trouble et de doutes avant d’annoncer à ses parents son homosexualité. On sait ce que représente alors ce « coming out » pour la famille. Pour la surdité, on peut considérer qu’il existe un phénomène similaire. Les proches ne voient pas réellement la personne sourde comme un sourd à part entière. Ils ont tendance à croire que le comportement de la personne sourde est lié à autre chose et minimisent les effets de la surdité. Le jeune garçon qui « annonce » à sa mère sa surdité provoque chez elle un véritable séisme, un changement de point de vue. Son enfant est donc réellement sourd. Ce séisme lui fait alors réaliser que son propre mari est lui-même sourd. L’analogie avec l’homosexualité fonctionne bien. Le film a été tourné en 12h (de 7h du matin à 19h). Cela a été possible car j’avais une vision précise de ce que je souhaitais filmer. J’ai donc organisé strictement le tournage. J’ai été contraint à cela aussi pour des raisons financières. J’aurais aimé pouvoir tourner en deux jours, mais économiquement parlant, c’était impossible. C’était un challenge fort, et toute l’équipe y a mis du sien, mais c’est quand même difficile de tourner les 50 plans du film dans un si court laps de temps.

Cependant, je considère que le résultat correspond bien à ce que j’avais imaginé auparavant. J’avais passé deux jours à choisir mes comédiens, trois jours à réaliser mon découpage (story-board) et j’ai fait appel à des musiciens pour la bande son du film. Cela a représenté beaucoup de travail en très peu de temps.

J’avais déjà tourné des courts-métrages, notamment lorsque je vivais en Afrique du Sud. J’en réalisais 5 par an pour le compte de la télévision. J’ai décidé de venir m’installer en Grande-Bretagne pour travailler à la BBC. Mais maintenant, je produis mes propres émissions, à mon compte. Je prépare également plusieurs courts et longs métrages. Je suis en train de chercher les financements pour les réaliser. En 2009, je reviendrai peut-être avec un long-métrage."

3- Le sculpteur du trophée (2’12")

Qui est l’artiste qui est a l’origine de la statuette qui récompense le prix du meilleur court-métrage ? C’est un sculpteur d’origine hollandaise, Jean-Marie CUFFSFS qui vit à 60 kms de Reims dont voici son interview.

(Images)

(Jean-Marie CUFFSFS) "J’ai rencontré David de KEYZER, il m’a expliqué qu’il allait remettre le prix du meilleur film et qu’il voulait une statuette représentant le personnage de clin d’Oeil. Comme je ne connaissais pas, il me l’a montré sur le site Internet et je me suis dit pourquoi pas. N’ayant pas Internet à la maison il me l’a enregistré sur cd et je suis renté chez moi.

Avec l’ image, j’ai fait un moulage provisoire que j’ai ensuite présenté à David pour avoir son avis, ça lui allait. J’ai donc réalisé cette statuette et David en était très content. C’est la deuxième que je fais pour le festival, j’en avais déjà réalisé une il y a deux ans.

C’est du métal, du bronze. Au départ on réalise la stauette avec de la terre ou de la cire, puis gràce à elle on fait le moule en plâtre pour avoir le modèle. On chauffe le moule pour le vider, et le remplir à nouveau avec du bronze. Ensuite on casse le moule pour avoir la statue, on la nettoie, on enlève les imperfections et voilà on a notre statuette en bronze."

18 février 2008
 
 
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