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Comment est survenue la crise de la dette publique grecque ? On revient au mois d’octobre 2009, le gouvernement socialiste est élu, il découvre l’ampleur du désastre. A l’époque, la droite affirme un déficit officiel à 6 % du PIB mais le premier ministre Georges Papandréou révèle en réalité qu’il atteint 12,7 %. Malgré l’ampleur de la dette publique, il maintient son plan de relance de 2,5 milliards d’euros et renvoie à 2011 la lutte contre les déficits. Cette crise, aggravée par le manque de transparence lors de l’entrée dans la zone euro, provoque la crainte des créanciers sur la capacité du pays à rembourser. En décembre, les agences de notation internationales abaissent sa note, ce qui augmente excessivement les taux d’emprunts pour Athènes.
En janvier 2010, Le FMI et l’Europe imposent une série de mesures, dont un plan d’austérité draconien et une mise sous tutelle de la Grèce, en échange de deux plans de sauvetage pour 2010 et 2011. Ce plan d’austérité annonce une baisse des frais de fonctionnement de l’Etat, un gel des recrutements et des salaires des fonctionnaires, une hausse de la fiscalité et la privatisation massive des entreprises. Ces mesures provoquent de nombreux mouvements de protestation qui paralysent le pays.
Les grecs sont confrontés à une chute de leur niveau de vie, la récession est grave. Les suicides et les homicides ont doublé. Le chômage augmente fortement surtout chez les jeunes qui s’exilent vers l’Europe ou l’Australie dans l’espoir de trouver du travail et d’épargner avant de revenir à leur pays d’origine.
Depuis quelque mois, le scénario de sortie de l’Europe n’est plus tabou. Certes, les dirigeants européens dont François Hollande ont réaffirmé, jeudi 24 mai 2012, leur détermination à voir la Grèce rester dans la monnaie unique. Lors des élections législatives anticipées du 6 mai dernier, les grecs ont refusé d’élire un gouvernement majoritaire acceptant les engagements liés à ce deuxième plan de sauvetage, ils ont choisi les partis extrémistes partisans d’une sortie de l’euro. Un nouveau scrutin sera donc organisé le 17 juin. De fait, ces nouvelles élections décisives conduiront la population à se prononcer de manière implicite, pour le maintien ou non de leur pays dans la CEE.