(durée : )
Yves Carcy a 47 ans. Il est passionné de ski qu’il pratique dans les Pyrénées. Comme il vous l’explique lui-même, Yves s’est intéressé à la culture occitane dès l’âge de 20 ans. En 2007 fût fondé AOS, l’Association Occitane de Ski, qui favorise la rencontre entre occitans et Sourds. Toulouse est la capitale de la culture occitane et la maison des associations occitanes regroupe 70 associations. Vous verrez dans le reportage qui suit les explications détaillées d’Yves Carcy.
Je me sens occitan avant d’être français. Bien sûr je suis français, mais mon identité culturelle est fondamentalement occitane. C’est difficile à décrire, je suis du sud. Même mon nom de famille, Carcy, en témoigne, ce nom n’est ni français ni espagnol, il est occitan.
Les lettres Y, W et je crois le Z ne font pas partie de l’alphabet occitan, qui ne comporte donc que 23 lettres.
En 1992 après avoir passé les niveaux 1 et 2, j’ai eu envie de militer pour la réhabilitation de la langue d’oc. A l’époque, je commençais à saturer de la langue française. La langue d’oc était pour moi un moyen d’enrichir un peu la culture des entendants. La LSO, Langue des Signes Occitane n’existe pas encore. Mais tout comme il y a une langue des signes catalane, on pourrait faire vivre un « languagi », une langue des signes occitane, sans aucun lien avec l’Académie parisienne de la LSF.
Je ne comprends pas pourquoi les sourds s’intéressent si peu à la culture occitane.
Ce reportage reflète bien l’importance que revêt l’identité occitane pour Yves Carcy, il n’a eu de cesse de nous répéter son ancrage dans le midi. L’occitan se parle encore dans le sud de la France, mais cette langue régionale reste minoritaire, tout comme la langue des signes. Langue et identité sont intimement liées : sans langue, pas d’identité, et vice versa !
Jean Jaurès qui se tient à mes côtés militait pour la langue d’oc ainsi que pour la langue visio-gestuelle.
la Dépêche le 5 octobre 1911 : « Si les enfants du midi apprenaient l’occitan ils auraient bientôt en main la clef qui leur ouvrirait sans grands efforts l’italien, le catalan, l’espagnol, le portugais, et ils se sentiraient en harmonie naturelle, en communication aisée avec ce vaste monde des races latines qui aujourd’hui, dans l’Europe et dans l’Amérique du sud, développe tant de forces et d’audacieuses espérances. Pour l’expansion économique comme pour l’agrandissement de la France du midi, il y a là un problème de la plus haute importance ».