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  Aung San Suu Kyi, une femme engagée  
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par Camille PETER
Aung San Suu Kyi est une femme politique birmane. Figure de l’opposition non-violente à la dictature militaire de son pays, elle reçoit le prix Nobel de la Paix en 1991. L’opposante, condamnée par la junte birmane, a passé des nombreuses années en résidence surveillée. Elle a été libérée le 13 novembre 2010 grâce au soutien de nombreuses personnalités internationales.

(Durée:09’47")

Aung San Suu Kyi est née en 1945 à Rangoon, la capitale de la Birmanie. Femme très engagée politiquement, on dit qu’elle a hérité du caractère volontaire de son père, le général Aung San, « leader de la Libération » qui a négocié l’Indépendance de la Birmanie en 1947. Six mois avant la Déclaration d’Indépendance, son père est assassiné par des rivaux.

Aung San Suu Kyi étudie à l’École anglaise catholique de Birmanie puis rejoint sa mère en Inde afin de terminer ses études secondaires à New Delhi. Elle déménage ensuite en Grande-Bretagne, où elle suit un cursus de Philosophie, de Politique et d’Economie à Oxford de 1964 à 1967 ; elle clôturera ces études par un Doctorat.

En 1972, elle épouse Michael Aris, un anglais rencontré à Oxford et elle donnera naissance à deux fils Alexander et Kim en 1973 et en 1977. En 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie afin de s’occuper de sa mère. Cette année-là, le général Ne Win, leader du Parti Socialiste au pouvoir, perd peu à peu le contrôle du pays. Des manifestations pro-démocratiques éclatent partout. Elles sont violemment réprimées par l’armée. Une nouvelle junte militaire, le Conseil d’État pour la restauration de la Loi et de l’Ordre prend le pouvoir le 18 septembre 1988.

La dissidente s’inspirera de la philosophie non -violente du Mahatma Gandhi pour mener ses actions politiques. Le 27 septembre 1988, elle participe avec d’anciens généraux, à la fondation de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), qui promeut des réformes politiques en Birmanie. Elle en devient la première Secrétaire Générale et incarnera l’aspiration populaire à la liberté.

Elle est arrêtée le 20 juillet 1989, le gouvernement militaire lui propose la liberté à condition qu’elle quitte le pays, mais elle refuse. Elle est alors placée en liberté « surveillée ».

En 1990, la junte militaire, sous la pression populaire, met en place des élections générales où la Ligue Nationale pour la Démocratie gagne très largement. Les généraux au pouvoir refusent le scrutin et annulent le résultat des élections. Cela provoque un scandale au niveau international. Aung San Suu Kyi reçoit cette année-là, le Prix Sakharov et le Prix Rafto, elle recevra le Prix Nobel de la Paix l’année suivante.

L’opposante Aung San Suu Kyi passera 14 ans en résidence surveillée.

Elle est libérée en juillet 1995, mais elle ne peut quitter le pays pour rendre visite à sa famille au Royaume-Uni, car elle se verrait refuser le droit de revenir en Birmanie. La junte militaire tente, par tous les moyens, de faire pression sur la dissidente pour qu’elle quitte le territoire birman. Quand Michael Aris est atteint d’un cancer de la prostate, en 1997, le gouvernement birman lui refuse le droit d’entrée pour visiter son épouse. Aung San Suu Kyi ne reverra jamais son mari qui meurt en 1999. Elle restera séparée de ses enfants, qui vivent toujours au Royaume-Uni.

Elle n’a pas le droit de rencontrer les membres de son parti, le LND. En septembre 2000, elle est mise une fois de plus en maison d’arrêt. Le 6 mai 2002, elle est libérée grâce à une négociation secrète entre les Nations Unies et la junte militaire. Aung San Suu Kyi a alors déclaré : « C’est une nouvelle ère pour le pays ».

Malheureusement, le 30 mai 2003, son groupe de militants est attaqué dans le village de Depayin par un groupe paramilitaire payé par la junte au pouvoir. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés durant cette embuscade. L’opposante réussit à s’échapper grâce à son chauffeur Ko Kyaw Soe Lin, mais est arrêtée un peu plus tard. Elle est alors à nouveau emprisonnée à la prison d’ Insein à Yangon. Elle est ensuite transférée en maison d’arrêt en septembre 2003 pour des problèmes de santé et elle doit subir une hystérectomie.

Le 19 juin 2006, Aung San Suu Kyi passe son soixante et unième anniversaire en maison d’arrêt, sa ligne téléphonique est coupée, son courrier filtré et elle n’a pas accès aux soins médicaux qu’elle désire. Des manifestations sont organisées devant les ambassades birmanes. Le 14 mai 2007, un appel est lancé par une cinquantaine d’anciens dirigeants du monde entier pour la libération d’Aung San Suu Kyi.

L’assignation à résidence expire le dimanche 27 mai 2007, mais elle est reconduite sans autre forme de procès. Le 22 septembre 2007, l’opposante peut exceptionnellement sortir très brièvement de sa maison à Rangoon, en pleurs, elle salue les moines bouddhistes qui manifestent contre la junte militaire, pour la cinquième journée consécutive. Le 24 septembre 2007, elle se retrouve à nouveau derrière les barreaux, à la prison d’Insein.

Le 13 novembre 2010, Aung San Suu Kyi est enfin libérée. Le 15 août 2011, elle rencontre le président Thein Sein. Elle soutient l’ouverture démocratique engagée par le pouvoir, qui comprend notamment la libération de nombreux prisonniers.

Elle est autorisée à se présenter aux élections législatives partielles du 1er avril 2012, elle a pu enregistrer sa candidature le 18 janvier 2012.

2 mars 2012
 
 
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