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  A Toulouse, les étudiants sourds sont en colère  
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par Sophie SCHEIDT
Le mercredi 8 février 2012, à Toulouse, des jeunes, des personnels d’école, collège, lycée, des parents, des citoyens sourds, se sont retrouvés place du Capitole afin de manifester. Malgré le mercure nettement en dessous de 0, ils étaient entre 200 et 300 pour montrer leur colère. En effet, de nouveau, nous nous retrouvons face à une injustice. Des étudiants sourds ayant besoin d’un interprète en Langue des Signes pour pouvoir suivre leur cours, se voient allouer des budgets minimes qui ne leurs permets pas d’aller au bout de leur année scolaire. C’est cette situation qui freine leur scolarité qui a engendré cette grève. Reportage.

(durée : 7’01)

Le mercredi 8 février, à Toulouse, des Sourds se sont retrouvé afin de manifester leur colère. Mais quelle est-elle précisément ? Interviews.

Ariane Cousin : "De la maternelle jusqu’au lycée, l’enseignement est entièrement bilingue, soit directement en langue des signes, soit avec la présence d’interprètes. De nombreux élèves sourds passent leur BAC avec succès, mais ils déchantent à leur arrivée à l’université. Les budgets alloués sont très insuffisants, et ne permettent pas de financer l’interprétation de la totalité des cours. La filière bilingue est donc incomplète. Quel avenir ce système propose-t-il aux étudiants sourds ? Un choix de carrière limité ? Le budget est actuellement plafonné à 10 000€, qu’est ce qui justifie ce plafond ? Le budget doit être adapté aux besoins des étudiants. Les étudiants sourds ont droit d’accéder à la même formation que n’importe quel étudiant !"

Gilles Abdelmoumeni : "Depuis le mois de septembre, même depuis le mois de juin, nous interpellons les pouvoirs publics sur les besoins qu’ont nos étudiantes qui sont en classe préparatoire et en BTS. Nous sommes confrontés à un manque de moyens pour l’interprétation, ou pour des moyens plus techniques, comme la prise de note. Nous avons eu une seule réponse, on nous a alloué 10 000 euros pour l’année, donc cela correspond tout juste à 10 heures d’interprétation pour 30 heures de cours, alors qu’il y aurait besoin de plus. Voilà le départ de notre colère, ce manque de moyen. Ensuite on nous a dit que le budget qui nous a été alloué pour septembre, était le budget prévu pour 2012. Ce qui veut dire que nos enfant sont dans l’urgence, car nous allons nous retrouver en janvier sans interprète."

Mme Dedebat : "Je suis restée au bureau cet après midi pour vous rejoindre. Et je prépare des notes que j’enverrai à l’équipe de François Hollande pour que ça fasse parti d’un projet politique. Si on ne bouge pas là-dessus, on ne bougera jamais. Il est temps absolument de mettre des moyens et de mettre des outils pour que les jeunes sourds poursuivent une scolarité et soient inclus dans la société, donc une scolarité traditionnelle à côté de tous les autres jeunes."

Eric Alliot : "Je souhaiterai ajouter un point important sur ce qui vient d’être dit par Gilles Abdelmoumeni. Pour un enfant Sourd oralisé, on payera les heures d’orthophonie sans problème pendant des années et des années, mais s’il est en LSF et qu’il ne coûte rien, lorsqu’il s’agit de payer les interprètes, là personne ne veut payer. Il y a une inégalité même à l’intérieur du handicap. Encore une fois c’est la LSF qui est pénalisée et donc les élèves qui sont en langue de signes."

Un camarade de classe de Laure : "Laure n’a plus de subventions pour payer les interprètes, alors du coup les professeurs sont obligés de lui envoyer le s cours par correspondance et elle ne peut plus suivre les cours avec nous, avec la classe entière, normalement.

C’est dommage parce qu’on ne la voit plus alors qu’il y avait une bonne ambiance dans la classe , elle était bien intégrée et elle est démotivée. On la voit moins. Elle n’est plus avec nous dans les cours et c’est dommage !"

Ariane COUSIN : "Nous demandons que le budget ne soit pas plafonné, mais adapté aux besoins des étudiants. Il y a va de l’avenir des enfants sourds, et de la pérennité de l’enseignement bilingue."

Laure : "Nous réclamons une totale accessibilité, pour l’ensemble de nos études. Aujourd’hui, l’accessibilité existe jusqu’au secondaire, mais en post bac : plus d’argent, plus d’interprète ! C’est très angoissant pour nous ! Les excuses budgétaires ne sont pas recevables, nous avons le droit de choisir notre orientation et de recevoir une formation."

La loi de février 2005 à vu le jour pour permettre à tout citoyen une égalité des chances. Mais concrètement on est loin des objectifs escomptés. Ne serait ce que les sous-titres à la télévision, l’accessibilité n’est toujours pas totale. Et le droit des étudiants sourds de pouvoir disposer d’un interprète ? C’est un DROIT qui est juste mais qu’en est-il de son application ?

http://apes.midipyrenees.free.fr/

http://youtu.be/HeWNzeJ6Zas

17 février 2012
 
 
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