En mars dernier, à Fukushima, un terrible accident nucléaire a causé une grande inquiétude mondiale. Aujourd’hui, la France, deuxième pays producteur nucléaire mondiale, se pose la question de l’évolution et des conséquences du nucléaire. La ministère a exigé de renforcer la sécurité des installations nucléaires.
Sommaire :
1. L’échelle INES mesure des risques en cas de fissure (durée : 2’43" )
2. En France, 58 réacteurs âgés en moyenne de 25 ans (durée : 4’05" )
3. L’ASN veille sur les installations nucléaires (durée : 4’15" )
1- L’échelle INES mesure des risques en cas de fissure (durée : 2’43’’ )
La production d’énergie nucléaire civile a connu depuis qu’elle existe un certain nombre d’incidents ou d’accidents plus ou moins graves dont deux accidents majeurs. En 1986, à Tchernobyl, en Ukraine soviétique, l’explosion de la centrale a engendré une dissémination d’éléments radioactifs dans la nature. La cause de cet accident est humaine. 25 ans plus tard, en 2011, une catastrophe naturelle, un tsunami, a été à l’origine d’un second accident à Fukushima, au Japon. Ces deux accidents ont été classés sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES) au plus haut degré de gravité (type 7 : accident majeur). Sur cette échelle, les événements de niveaux 1 à 3 (successivement « anomalie », « incident », « incident grave ») sont sans conséquence significative sur les populations et l’environnement ; ceux des niveaux supérieurs (4 à 7) sont successivement qualifiés « d’accident n’entraînant pas de risque important à l’extérieur du site », « d’accident entraînant un risque hors du site », « d’accident grave » et, enfin, « d’accident majeur ».
images
La France a connu elle aussi quelques incidents. Le plus récent date du 27 décembre 1999 à Blaye, près de Bordeaux. Les vents violents d’une tempête provoquèrent l’inondation d’une partie de la centrale causant quelques dégâts matériels mineurs. L’incident a été classé au niveau 2 sur l’échelle INES. En 1980, à Saint Laurent (Loir et Cher) un accident nucléaire, de niveau 4 de l’échelle INES, est le plus grave jamais répertorié sur un réacteur en France. La France est le 2ème producteur d’électricité d’origine nucléaire au monde derrière les USA et devant le Japon.
images
2- En France, 58 réacteurs agés en moyenne de 25 ans (durée : 4’05")
La production française est répartie sur 19 sites et 58 réacteurs. A Flamanville, dans la Manche, une centrale de nouvelle génération est en cours de construction. Un autre projet est à l’étude à Penly, dans le Nord de la France. La centrale la plus ancienne en exploitation est Fessenheim, en Alsace. Elle fonctionne depuis 34 ans. En avril dernier, au vu des derniers événements, une manifestation regroupant des militants français et allemands (la frontière allemande se situe à peine à 1.5 km) s’est tenue. Tous réclament la fermeture du site. Une réflexion est en cours sur l’avenir de cette centrale.
images
80% de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire. Au lendemain de la 2ème guerre mondiale, Charles de Gaulle avait initié un important programme de recherche sur le nucléaire militaire. Dans les années 70, la flambée du cours du pétrole a mis en évidence la dépendance de la France vis-à-vis de l’étranger en terme de ressources énergétiques. La mise en place d’une filière de production nucléaire civile a eu comme vocation de permettre un rééquilibrage : plus d’autonomie moins de dépendance aux ressources énergétiques extérieures. Cette volonté politique nouvelle a conduit à la construction à un rythme rapide de nos réacteurs nucléaires civils (3 par an).
images
Quelle est la capacité de production d’électricité d’origine nucléaire de la France ? A titre d’exemple, la centrale de Golfech, près d’Agen, alimente à elle seule, avec sa capacité de 1300 MeV, toute la région Midi-Pyrénées. Le maillage du territoire est tel que l’ensemble des régions françaises est alimenté. La France exporte même une partie de sa production vers les pays limitrophes.
images
La Terre est soumise à des mouvements sismiques plus ou moins importants selon les zones. Le risque sismique existe bel et bien en France bien qu’il soit très faible. Certaines centrales ont été construites sur des zones à risque sismique non nul (bien que très faible). Elles ont été étudiées pour résister très largement aux éventuels tremblements de terre qu’elles auraient à subir. Cécile Péguin, la représentante d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) doute du fait que le risque sismique soit correctement évalué. La France n’est pas à l’abri d’un tremblement de terre majeur, ou d’inondations importantes. Il ne faut pas non plus négliger le risque terroriste. Quel effet aurait un attentat du même type que celui du 11 septembre 2001 à New-York ?
images
3- L’ASN veille sur les installations nucléaires (durée : 4’15")
En 2006 le gouvernement a décidé de créer un organisme de contrôle de la sécurité des centrales nucléaires françaises, indépendant de l’administration. Cet organisme s’appelle l’Autorité de Sûreté Nucléaire(ASN) et organise le contrôle du nucléaire sur le territoire français. Il présente ses recommandations au gouvernement lequel suit ses propositions. Auparavant, cet organisme était intégré à l’Administration. Depuis l’accident nucléaire au Japon, le Premier ministre a demandé à l’ASN de mettre en place un contrôle renforcé sur toutes les centrales françaises et de faire une analyse du parc français. Pour les nouveaux sites en construction, comme à Flamanville, de nouvelles normes vont devoir s’appliquer pour réponde à la sûreté en cas de tremblement de terre ou d’inondations, elles devront prémunir contre toutes sortes de risques, y compris pour les centrales construites par les Français à l’étranger. L’ASN doit inspecter toutes les centrales pour vérifier leur fiabilité en matière de protection des personnes et de l’environnement. Ainsi, avec la mise en place de ces nouvelles normes, la protection sera renforcée.
images
L’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) ne se préoccupe pas seulement du domaine restreint aux centrales nucléaires mais de tous les domaines où se trouvent impliqués des produit radioactifs, notamment elle contrôle les transports de matières radioactives, la gestion des déchets, dans le domaine médical, elle contrôle les matériels de radiographie, de scanners, d’IRM, etc. Elle intervient également dans l’industrie en cas de contamination par le plomb. L’ASN intervient aussi bien dans les aspects techniques que dans la protection des personnes. L’ASN intervient auprès des personnels dans la gestion des compétences en organisant des formations, dans des questions d’organisation du travail notamment les rythmes de travail. Elle opère de nombreux contrôles tous les ans. En 2010, l’ASN a déployé à peine moins de 2000 contrôles, dont environ 800 à 900 dans l’industrie nucléaire.
images
L’ASN procède à des réexamens de sûreté décennaux des lieux de productions nucléaires. Elle travaille en relation avec l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) lequel est en relation étroite avec l’Etat au travers des ministères de la Santé, de l’Emploi, de l‘Environnement, de la Recherche. L‘IRSN coordonne les travaux concernant la sûreté nucléaire et la radioprotection et transmets toutes les études à l’ASN qui organise le contrôle et fait des rapports au gouvernement. En cas d’accidents techniques ou d’irradiations humaines, l’ASN peut décider de faire cesser l’activité d’une centrale, c’est arrivé récemment à Cadarache : l’ASN a ordonné la fermeture de l’installation.
images
En matière de fourniture d’énergie en France, le nucléaire ne représenterait que 17% ! Seulement ! Voila qui est surprenant ! En matière de production, parmi toutes les énergies produisant de l’électricité le nucléaire s’élève à 80 %. Europe Ecologie Les Verts et les associations contre le nucléaire réclament une diminution de la production d’énergie nucléaire. Elles remarquent que depuis des décennies l’Etat a investi dans la recherche uniquement dans le domaine nucléaire au détriment de la recherche sur les autres énergies. En effet, il ne reste qu’un budget dérisoire pour les recherches sur les énergies renouvelables et autres. Les associations réclament un rééquilibrage de la recherche. Si la production d’énergie nucléaire devait s’interrompre, des problèmes se posent quant aux autres sources d’énergie exploitables, l’éolien ? le gaz ? Ces productions ne seraient-elles pas nuisibles pour la nature, la faune ? Peut-on espérer trouver une nouvelle source d’énergie ? Il reste beaucoup à réfléchir. Si vous souhaitez travailler sur ce sujet, nous vous proposons plusieurs sites et notamment celui d’ED F qui explique en quoi consiste la production d’énergie nucléaire, la fusion de l’atome, les réacteurs et toute l’organisation de la production.
images