1. C’est quoi les élections cantonales ? (durée : 02’19’’)
2. Canton 7 à Toulouse (durée : 11’40’’)
3. Suite canton 7 (durée : 13’48’’)
1. C’est quoi les élections cantonales ?
(durée : 02’19’’)
Elles permettent d’élire les conseillers généraux (un par canton). Pour la première fois, à l’occasion de ce scrutin tous les candidats devront avoir un « remplaçant » de sexe différent.
Contrairement aux maires, les conseillers généraux agissent au niveau départemental. Un maire peut siéger au Conseil général et cumuler les deux fonctions. Les élections cantonales ont donc pour but de faire élire des conseillers généraux qui devront gérer la politique du département. Un conseiller général est élu pour 6 ans, mais le conseil général est renouvelé par moitié tous les 3 ans.
Le conseil général doit veiller à la bonne gestion de son département. Il mène donc différents chantiers pour mener à bien son projet. C’est à lui de décider, lors des séances trimestrielles, du budget à leur consacrer. Chaque département décide de ses propres orientations concernant l’environnement, l’éducation, les aides communes, les transports régionaux, les aides sociales, les cultures...
Au premier tour, pour être élu, il faut la majorité absolue de suffrages exprimés ; - un nombre de suffrages correspondant à un quart des électeurs inscrits.
Au second tour, la majorité relative suffit. Est élu le candidat qui recueille le plus de voix. En cas d’égalité des suffrages, le plus âgé des candidats est élu.
De quoi vont s’occuper les conseillers généraux que nous allons élire ? •l’action sociale •l’équipement de transports •l’éducation •la culture •le développement local (aides aux associations, aux communes) •le logement (gestion du Fonds solidarité pour le logement et du Fonds d’aide à l’énergie).
(durée : 11’40’’)
Où se situe-t il ce quartier ? Le canton 7 de Toulouse est une fraction de la commune de Toulouse qui regroupe les quartiers d’Amouroux, Marengo, Jolimont, la Gloire, la Juncasse, la Roseraie, Louis Plana et Soupetard.
Trois interviews avec Cécile PEGUIN, Jean-Michel et Jean-Jacques MIRASSOU
Présentations de ces trois candidats :
Cécile PEGUIN : « J’ai été élevée dans une famillle écologiste, avec des parents écolo. En tant qu’orthophoniste, je travaille depuis longtemps avec des adolescents sourds. J’ai adhéré il y a quelques années au parti des verts selon mes convictions écologiques. Le parti s’est transformé récemment en Europe écologie des verts. C’est un parti qui veut appliquer la parité hommes / femmes et souvent en politique il y a beaucoup d’hommes qui ont envie d’être candidat mais peu de femmes. Avec les cantonnales qui arrivaient, sur mon canton où j’habite depuis 20ans, je me suis dit pourquoi pas. Je me suis donc proposé à la désignation des candidats »
Jean-Michel LATTES : « Je suis professeur de droit à l’université Toulouse 1 Capitole et pendant15ans j’ai été chargé de l’accueil des personnes handicapées. Il y a d’ailleurs plusieurs étudiants sourds qui ont bien réussis. Il y a deux ans j’ai changé, je gère maintenant le service orientation. Au niveau politique, j’ai été élu il y a 15ans maire adjoint de Toulouse, je gérais les autoroutes, les routes, les travaux et les structures locales. De 2002 à 2008 on m’a choisi comme maire délégué du quartier n°7, celui pour lequel j’ai déjà été candidat aux cantonales de 2004 »
Jean-Jacques MIRASSOU : « J’ai adhéré au parti socialiste en 1974 et je suis actuellement, (après avoir franchi toutes les étapes de la hiérarchie du parti socialiste locale), conseiller général du canton de toulouse 7 et sénateur de la Haute Garonne. J’ambitionne de me succéder dans le cadre de ce mandat de conseiller général à partir du 27 mars. J’ai été le seul candidat, j’ai été désigné à l’unanimité par un nombre très conséquent de mes camarades et j’ambitionne, à l’occasion de ce troisième mandat, d’aller encore plus loin dans l’aménagement de ce canton pour que le slogan de la Haute Garonne, de la campagne, qui consiste à dire que la Haute Garonne est un département solidaire puisse continuer à fonctionner au quotidien dans ce canton. A plus forte raison parce que nous sommes dans une crise aïgu à la fois sur le plan économique et social et que tout justifie le fait qu’il y ait un conseiller général dans ce canton »
Quelles sont vos ambitions ?
Cécile PEGUIN : « Si j’étais élu je pense qu’il faudrait d’abord revoir toute la politique des transports. Il y a actuellement beaucoup d’argent, le département consacre beaucoup d’argent aux routes, aux réseaux routiers, aux ronds points, ainsi qu’aux quatre voies. On pense qu’il faudrait déplacer des crédits vers les transports en commun. La ville de Toulouse est très en retard au niveau transport en commun, il n’y en a pas assez, autant dans l’agglomération toulousaine que dans les campagnes et le département. Je tiens beaucoup à mettre en place une maison des langues vivantes, ça permettrait de mettre la langue des signes au niveau des autres langues. Dans mon quartier il y a beaucoup de langues, il y a d’abord les langues de France comme l’occitan et d’autres patois qui ont été extrêmement réduits par l’Etat Français et il y a également des gens qui viennent de partout : d’Espagne, de pays arabes de langues africaines... J’aimerais qu’il y ait une maison des langues vivantes qui permettrait de faire des échanges autour de la culture, et d’intégrer dans cette maison la langue des signes »
Jean-Michel LATTES : « Le plus important pour moi ce sont mes projets lancés mais non aboutis parce que c’était un travail de fond. On a des projets qui touchent à la fois la voirie, on a des grandes rues qui sont dangereuses : l’avenue du président Doomerg par exemple est une avenue qui pose un vrai problème et qui n’a pas été traité. J’avais lancé un projet de stade en synthétique pour la cité Amouroux qui était très attendu par les jeunes, mais il a été abandonné. Donc de nombreux projets que j’avais vraiment porté et qui n’ont pas aboutis. Sur les nouvelles réflexions c’est un quartier qui a des problèmes spécifiques, la transformation de la gare matabiau avec l’arrivée du TGV doit être organisé j’ai donc proposé toute une série de dispositifs permettant d’accompagner l’arrivée du TGV qui va impacter fortement le quartier. Je suis sur une situation particulière, pendant 8 ans j’ai géré la politique de la ville sur le quartier donc je fais à la fois un bilan de ce que j’ai fait et je fais le bilan de ce que la nouvelle mairie n’a pas fait dans les trois années qui viennent de s’écouler, c’est à dire les projets que j’avais initié et qui n’ont pas été poursuivis et je propose des projets complémentaires, nouveaux par rapport à ça. Mes engagements c’est de relancer les projets arrêtés et de les compléter avec de nouveaux projets qui portent sur des domaines aussi divers que la propreté, la sécurité et les outils du quartier pour la vie sociale... »
Jean-Jacques MIRASSOU : « Ce qui convient de signaler c’est que celui ou celle qui sera élu le dimanche 27 mars sera élu pour 3 ans donc la marge de majeur dans le temps pour mettre en place un projet et pour le réaliser est relativement restreint, puisque c’est la moitié du mandat. On dira pourquoi aussi. Et donc j’ai choisi, dans le cadre de cette élection, au-delà du fait que je continuerai à accentuer mon action dans le champ des compétences du conseil général qui sont essentiellement l’action sociale, la solidarité, tout ce qui attrait à l’éducation à travers le fonctionnement des collèges et dans bien d’autres domaines. J’ai décidé de présenter 7 propositions précises au service du canton 7 et de ses habitants. Il y en a une qui concerne effectivement ce que j’appelle un "contrat social" que je passerai avec les habitants de mon canton et qui aura la possibilité d’agir de la petite enfance jusqu’à la fin de vie puisque les compétences du conseil général embrasent toutes les tranches de la vie des citoyennes et citoyens. Ensuite, je ferai des propositions dans le cadre des conditions de vie dans ce canton y compris d’ailleurs sur le plan des conditions environnementales. Il y aura également une action à mener sur le plan de la sécurité et de la vie associative parce que la vie associative est le support du lien social, en appuyant fortement aussi sur quelque chose qui me tient à cœur c’est à dire les relations intergénérationnelles. Je ne suis pas favorable au fait qu’il y ait des clivages entre les différentes tranches d’âge et quand on arrive à faire fonctionner dans des actions très précises des personnes âgées avec des gens beaucoup plus jeune on s’aperçoit que c’est bénéfique pour les uns et pour les autres. Je pourrai évoquer également des problèmes d’urbanisme qui ne sont pas directement de la compétence du conseil général mais il y a en perspective un chamboulement au niveau du quartier de Marengo du fait de l’arrivée du TGV, des perspectives également de l’aménagement du CEAT, autant de choses où le conseil général, ou bien interviendra directement ou bien sera l’interprète et le pivot en quelque sorte des différentes options et arriver à faire en sorte que les intérêts de tous puissent se conjuguer. Et le rôle primordial de celui ou celle qui sera élu le 27 mars ce sera de lutter férocement contre la perspective de l’application de la loi des collectivités territoriales qui est une loi injuste, inique, rétrograde et qu’il faut sanctionner »
Que pensez-vous de la loi du 11 février 2005 ?
(durée : 13’48’’)
Cécile PEGUIN : « Cela fait maintenant cinq ou six ans que cette loi est parue et il n’y a pas de grands bouleversements : au niveau de l’emploi ça n’a rien changé, les bâtiments qui devaient se rendre accessibles jusqu’en 2015 il y a des dérogations on sait que ça ne va pas être possible, par rapport à l’intégration dans les écoles au début on a mis des auxiliaires de vie scolaire mais elles sont pas assez rémunérées l’Etat se désengage donc ça se fait pas bien, par rapport aux allocations de compensation il y a même des gens pour qui elles ont baissé »
Jean-Michel LATTES : « La loi de 2005 présentait un défaut selon moi. Il n’y avait pas de cadre pour cette mise en place ce qui fait que leur fonctionnement est très inégal d’un département à l’autre, il n’est pas homogène. En particulier sur la Haute Garonne il y a des dysfonctionnements, des retards, des travers qu’il faut corriger. Je crois que c’est un outil qui est particulièrement intéressant mais il faut s’en servir peut-être autrement que de la manière dont on s’en sert aujourd’hui. Pour moi, très clairement, le choix ce serait de travailler sur ce dossier là mais en multihandicap. Dans cette université j’ai eu des étudiants sourds, des étudiants en fauteuil, des étudiants non voyants, je crois qu’il ne faut pas isoler un handicap par rapport aux autres, il faut au contraire travailler de manière globale et c’est comme ça en tout cas qu’ici j’ai travaillé »
Jean-Jacques MIRASSOU : « Cette loi est effectivement quelque chose pour vous qui est déterminant mais cette loi fait partie d’un contexte législatif où à mon avis on ne prend pas assez en compte d’une manière globale la situation des gens qui sont soit handicapé, soit dans une forme relative d’exclusion et donc je pense qu’il faudrait revoir tout ça pour qu’une société comme la notre qui se prétend une société aboutit, évolué, 4e ou 5e puissance mondiale puisse assurer d’une manière pérenne des conditions de vie normale à tous ceux qui ont été affecté au niveau de leur vécu par un handicap. Quand je dis ça, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce qui nous attend en terme de prise en compte des gens qui sont en fin de vie, qui sont souvent tributaire ou handicapé par des pathologies lourdes et donc qui "coûtent cher" à la société. Là, il y a un débat qui est ouvert parce que pour rejoindre ou pour revenir à ce qui était évoqué tout à l’heure par rapport aux options gouvernementales, nous luttons forcement contre tout ce qui aurait tendance à dire : "en fin de vie la prise en charge de l’autonomie se fera par le biais des assurances privées" dont on sait qui pourrait en bénéficier parce que qui pourrait les financer c’est à dire un nombre très restreint ou par rapport à un recours sur héritage. Nous, on estime que dans ce champ là, celui que vous avez évoqué jusqu’à l’autonomie en fin de vie et bien ça ressort de la responsabilité de la nation toute entière et donc ça doit impliquer une contribution de l’ensemble de la société qui soit bien entendu équitable et que chacun puisse contribuer dans cet effort en fonction de ses capacités ou de ses revenus, ce qui n’est pas le cas actuellement pour la simple et bonne raison que s’agissant uniquement de l’ ASEG, l’assiette de celle-ci exclut actuellement les revenus boursiers, c’est un scandale ! Et donc il y aura dans ce registre là, à partir de 2012, des choses très conséquentes à mettre en place pour que ce qu’il est convenu d’appeler le pacte républicain, c’est à dire un pacte sur lequel peuvent s’appuyer toutes les composantes sociétales de notre pays, trouve son compte parce que c’est l’ambition affichée d’une nation qui se veut républicaine, et ce n’est pas le cas actuellement, ou pas assez »
Que pensez-vous de la réforme des collectivités territoriales proposée par Nicolas Sarkozy ?
Jean-Jacques MIRASSOU : « Il faut dire que cette réforme là a été voté par l’assemblée nationale à une forte majorité parce que l’assemblée nationale a une majorité de droite plus puissante qu’au sénat et en même temps plus obéissante. Au sénat, où ça pronaît des valeurs beaucoup plus symboliques parce que le sénat est le représentant des collectivités territoriales, cette réforme a été voté à une courte majorité, 3 ou 4 voix autant que je me rapelle. Et en même temps le sénat reflétait l’opinion de l’immense majorité toute tendance confondu des élus locaux qui se sont inscrit en faux conseil de réforme. Il y a eu une pré reforme qui a consisté à supprimer la taxe professionnelle, donc en quelque sorte d’enlever ou d’arracher des moyens financier aux collectivité locales qui de ce fait sont obligé de baisser la voilure et ne peuvent pas jouer le rôle qu’elles jouent jusqu’à présent. Ca, à la limite, on peut s’en accommoder transitoirement. Et ensuite il y a eu cette fameuse réforme pour simplifier comme l’a dit le président de la république le mille feuilles en ce qui concerne les collectivités. La véritable raison, la seule et véritable raison qui a poussé le président de la république à imposer cette réforme au parlement, ça tient au fait que Nicolas Sarkozy ne supporte pas les comptes aux pouvoirs locaux, et quand je dis les pouvoirs locaux ça veut dire bien entendu que ces comptes sont essentiellement dirigés par la gauche. Ca veut dire que là où le gouvernement dans la politique nationale qui est la sienne entend par exemple minutieusement, méthodiquement, implacablement mettre à mal les services publics en réponse en période de crise, les comptes aux pouvoirs locaux en question notamment les conseils généraux. Saint Génies, au contraire, a renforcé la présence des services publics locaux qui sont, comme l’a dit quelqu’un de plus intelligent que moi, la seule richesse de celui qui n’a rien. Pouvoir s’appuyer sur des services médico-sociaux efficaces, des écoles, des collèges, de la voirie, des infrastructures culturelles et sportives c’est ce qui fait le minimum que l’on puisse faire pour donner à cette période là aux gens ce à quoi ils ont droit parce que sinon on sait comment ça se passe, les nantis continuent à fonctionner comme avant et ceux qui sont en bas de l’échelle sociale pâtissent lourdement des effets de la crise. Et donc, au-delà du fait que sur le plan épidermique encore une fois Nicolas Sarkozy ne supportent pas ces comptes aux pouvoirs locaux uniquement parce qu’ils sont de gauche, il y a aussi l’ambition en ce qui le concerne d’imposer à l’échelle locale les schémas idéologiques de gestion qu’il entend mettre en manœuvre minutieusement encore une fois à l’échelle nationale »
JEan-Michel LATTES : « La France a une caractéristique, on est le pays le plus morcelé en terme de structures locales. En Allemagne, par exemple, on a les "landers", de grandes structures qui ont une taille utile. En France on a plus de communes que jamais, je crois que 50% des communes d’Europe sont en France, c’est un chiffre absolument ahurissant. On a des conseils généraux qui sont rarement identifié sur le milieu urbain alors que sur le milieu rural ils jouent un vrai rôle et puis on a les conseillers régionaux. Alors l’idée de cette réforme c’est de rationnaliser un petit peu toutes ces structure locales. Je crois que c’est particulièrement important en milieu urbain. En milieu rural le conseiller général joue un rôle qui est réel, qui est identifié et connu. En milieu urbain j’ai quelques doutes et je crois que ça permettra peut-être de créer un élu local identifiable cumulant plusieurs types de fonctions »
MIRASSOU reste-t-il favori ?
Cécile PEGUIN : « Ca a été quelque chose qu’on regrette par rapport aux élus de notre département c’est que c’est des gens qui sont élus depuis longtemps qui réfutent toujours les mêmes mandats et qui en plus cumulent avec d’autres mandats. Nous, Europe écologie et verts on pense qu’il ne faut pas faire ça. J’ai bien conscience qu’être élu à sa place va être très difficile parce qu’il est très connu, il a l’habitude, il sait parler en public, et il sait à qui il faut s’adresser, il a des relations. Il est sénateur et le parti socialiste est très puissant sur la Haute-Garonne et sur Toulouse ainsi que sur notre canton »
Jean-Michel LATTES : « Si les habitants du quartier sont vraiment totalement attachés, convaincus par ce que dit Mr Mirassou, je pense que le vote va être massif, on verra »
Jean-Jacques MIRASSOU : « Au premier tour, la logique voudrait que je sois en tête en tant que sortant et en même temps parce que dans ce département l’efficacité de la majorité départementale à laquelle j’appartiens est quand même reconnu, à juste titre je serais tenté d’ajouter. Et puis ensuite, logiquement, je vais orienter ma campagne à l’optique du second tour. Mais vous savez en politique rien n’est jamais acquis et c’est la raison pour laquelle dans les 14 jours qui nous séparent maintenant du second tour je mettrais tout en œuvre pour renforcer, convaincre et faire en sorte que les gens, malgré une tentative de la part de l’Etat et du gouvernement de banaliser ces élections, et bien faire en sorte que le taux de participation soit à la hauteur des enjeux. Donc je vais continuer à faire du porte à porte, à faire des réunions, à expliquer quel est mon programme, je l’évoquais tout à l’heure, et en même temps aussi parler un peu du bilan »
Conclusion : Tout le monde se fiche des élections cantonales ? Eh bien les Français auraient pu tort. Il est pourtant en question de la vie quotidienne et des prochaines élections présidentielles.