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Enfin, des nouvelles de l’équipe de Svalbard !

Encore quelques kilomètres de glisse et elle atteindra Ny-Alesund aujourd’hui ou demain, et sera prête pour une rencontre avec les jeunes sourds des classes bilingues de Toulouse, prévue le 27 mai en visioconférence.
L’équipe n’a pas encore rencontré d’ours blancs, heureusement, mais elle nous raconte quelques histoires vraies à leur sujet ! Regardez également l’interview des deux guides de cette expédition, qui nous livrent leurs impressions sur ces deux dernières semaines avec le groupe de sourds.

Durée :
« Bonjour ! Nous allons vous raconter quatre histoires vraies sur le thème des ours polaires.

Il y a bien longtemps, au Svalbard, une expédition montait un campement près de la banquise. Deux personnes furent choisies afin de monter la garde pour surveiller les ours polaires. Il faisait très froid. L’équipe dressa un mur pour se protéger du vent et fit un feu pour se réchauffer. Les gardiens surveillaient l’horizon et soudain, ils aperçurent un ours qui marchait autour du camp. Se demandant d’où il venait, les deux gardiens s’approchèrent de ses traces et les remontèrent afin de découvrir d’où il arrivait. Ils s’aperçurent alors que l’ours était de l’autre côté du mur, juste derrière eux ! Ils ont eu vraiment beaucoup de chance !

Un ami américain de notre guide est parti en Sibérie. Là bas aussi, il y a des ours polaires et il est interdit de les tuer. Ils utilisent seulement des bombes lacrymogènes. Un jour, cet américain rencontra un ours qui se dressa sur ses pattes arrière, juste devant lui. Effrayé, l’homme quitta rapidement son sac, attrapa sa bombe lacrymogène et s’apprêta à pulvériser le produit sur l’animal. Malheureusement, dans la précipitation, il brandit la bombe à l’envers, dans la mauvaise direction. C’est donc lui qui reçut tout le produit dans les yeux. Il eut très mal et lorsqu’il put enfin les rouvrir, l’ours avait disparu. Il a eu très très peur.

Un étudiant en géologie qui a reçu une subvention est parti travailler au Svalbard. Il y observe donc les pierres et les plantes et les étudie à l’intérieur de sa cabane. Un jour, alors qu’il étudiait calmement, il entendit un gros bruit sur le toit de sa cabane. C’était un ours ! L’étudiant était terrorisé. Il décida d’attendre que l’ours parte. Il attendit, un jour, deux jours... La nourriture commençait à lui manquer... « Qu’est-ce que je vais faire, se dit-il. Vais-je devoir le tuer ? Non, je vais d’abord appeler le gouverneur du Svalbard pour demander l’autorisation de tuer cet ours. » Le gouverneur lui répondit : « Dis donc, combien y a-t-il de chercheurs dans le monde ? Et combien y a-t-il d’ours ? » Le scientifique comprit que le gouverneur avait raison, il ne fallait pas tuer cet ours. Le gouverneur a donc envoyé un hélicoptère qui survola la cabane afin de faire fuir l’ours. Lorsqu’il que l’animal fut parti, l’étudiant fut bien rassuré !

Un habitant du Svalbard qui n’a pas suivi les règles de sécurité est monté sur un scooter des neiges et est parti, tout seul et sans arme, sur la banquise, dans un endroit où il y a beaucoup d’ours. Il y avait un brouillard très dense, il ne voyait presque rien lorsque sont scooter tomba en panne. Il descendit donc du véhicule pour essayer de voir d’où venait la panne et se rendit compte que toutes les suspensions du scooter s’étaient abaissées. Lorsqu’il se retourna, il vit un ours polaire, les deux pattes avant posées sur la selle du scooter. Il hurla très fort et l’ours se sauva. »

Interview de deux guides
Durée :

Le guide Ja : « Lorsque l’on m’a proposé d’accompagner cette expédition, j’ai été très content parce que je savais que ça allait être un peu différent. Partir avec un groupe de personnes sourdes pour un peu plus d’un mois était pour moi comme un nouveau challenge. »

La guide Emile : « Quant à moi, lorsque j’ai reçu la proposition de guider cette expédition, cela m’a fait tout d’abord sourire que ce soit avec des français. J’ai réfléchi et puis, finalement, le fait que ce soit une expédition aves des malentendants, c’est différent. Cela nous a demandé de réfléchir un petit peu plus, de développer une logistique différente. C’est ce côté intéressant qui m’a fait accepter l’expédition. »

Le guide Ja : « Aujourd’hui, après seize jours d’expédition, cela n’a pas été un problème d’avoir des personnes sourdes pour une expédition à ski dans le Svalbard. Mais d’un autre côté, nous avons eu d’excellentes conditions météorologiques depuis le début du voyage et nous n’avons rencontré aucun problème avec les ours. Nous n’avons donc pas eu de situations critiques à affronter. Je ne sais pas comment nous aurions pu traverser ces épreuves mais, en voyant la progression du groupe jusqu’à aujourd’hui, je pense que tout se serait très bien passé, même dans des situations très difficiles. »

La guide Emile : « Pour moi, dès le départ, je n’ai jamais cru qu’être sourd pourrait être un handicap pour une expédition. C’est une donnée logistique que l’on prend en compte dès le début, comme un problème au genou ou une cheville foulée. Si on connait ces données dès le départ, c’est quelque chose que l’on travaille. Un vrai handicap serait d’être égoïste ou feignant, ou d’essayer d’avoir un comportement héroïque. Ce serait ridicule ! Sur une expédition comme celle-là, la surdité n’est pas une contrainte. Elle n’enlève pas le sourire sur le visage des gens ! On s’en sort très bien ! En ce qui concerne les chiens, qu’on soit sourd ou entendant, les chiens ont aussi leur personnalité. Sur les cinq chiens que nous avons, on peut dire qu’il y en a quatre qui sont pris d’affection pour les sourds comme pour les entendants avec qui il y a une affinité qui a grandit. Mais nous avons aussi un gros chien qui, quant à lui, a parfois besoin d’un rappel à l’ordre vocal et auditif sur lequel j’ai vu que, parfois, Jean-Noël pouvait avoir une certaine frustration vis-à-vis du chien qui ne réagissait pas à ses signes. Mais bon, les chiens sont comme les hommes, chacun a sa personnalité et il faut s’adapter. »

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25 mai 2010
 
 
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