9 000 dons de sang sont nécessaires en France chaque jour. Cet acte simple et vital permet de soigner des malades et de sauver des vies. Mais les besoins augmentent et le nombre de donateurs stagne. Comment fonctionne la chaîne du sang ? Peut-on donner sans crainte ? Explications.
Chaque année, en France, 1,6 million de personnes donnent bénévolement leur sang
Ce geste anonyme permet de soigner 1 million de malades. Le don du sang est un acte rapide et sûr. Il s’effectue dans les centres de l’Établissement français du sang (EFS) et lors des collectes mobiles organisées dans les entreprises, les communes, les administrations ou les universités de toutes les régions.
Un don sécurisé
Toute personne âgée de 18 à 70 ans peut donner son sang, à condition de remplir des critères qui garantissent la sécurité de l’acte pour elle et les receveurs. Le don est ainsi interdit aux femmes enceintes, aux personnes diabétiques, anémiées, de moins de 50 kg ou ayant une maladie transmissible (hépatite B, VIH, etc.). Les risques d’infection dans les semaines précédant le don entraînent aussi une contre-indication temporaire : soins dentaires, tatouage, rapports sexuels non protégés, voyage en zones impaludées, etc. Un entretien médical obligatoire et confidentiel, réalisé sur le lieu de collecte avec un médecin de l’EFS avant le don, permet de détecter ces contre-indications. Toutes les conditions et contre-indications sont consultables sur le site dondusang.net
Un prélèvement rapide
Le donneur déclaré apte est pris en charge par le personnel infirmier à l’issue de cet entretien et après un contrôle de son taux d’hémoglobine, destiné à détecter une éventuelle anémie. Le prélèvement de sang total ne dure que 45 minutes. 450 ml sont prélevés, ainsi que quelques tubes échantillons, pour effectuer des analyses et des tests de dépistage. Les plaquettes sanguines ou le plasma peuvent aussi être prélevés seuls, les autres constituants du sang étant restitués au donneur. Le don dure alors deux heures. Avant de quitter le lieu de collecte, le donneur reçoit une collation.
Un suivi très strict
Un homme peut donner son sang jusqu’à six fois par an, une femme quatre fois, en respectant un délai de huit semaines entre chaque don. On peut également donner ses plaquettes seules 12 fois par an, et son plasma jusqu’à 24 fois par an. « Le sang recueilli n’est jamais utilisé immédiatement tel quel », explique Frédéric Bigey, médecin responsable des prélèvements de l’EFS en Alsace. Chaque don subit une batterie de tests pour définir son profil immuno-hématologique et s’assurer que le sang ne comporte aucun risque de transmission de virus et de parasites : détermination du groupe sanguin et du rhésus, recherche d’anticorps irréguliers, dépistage de la syphilis, du VIH, d’hépatites virales B et C entre autres. En cas d’anomalie, le donneur est informé, puis recontrôlé. Les différents constituants du sang sont, ensuite, séparés par centrifugation en trois produits : le concentré de globules rouges, le plasma et les plaquettes.
Des besoins importants
Les produits contrôlés sûrs sont conditionnés, étiquetés et stockés dans le service de distribution de l’EFS ou dans un dépôt de sang hospitalier. Une chaîne logistique complexe en assure l’acheminement dans les établissements de santé. Ils sont utilisés en réanimation, en hématologie, en cancérologie, en obstétrique ou en chirurgie, pour soigner des anémies, des hémorragies, des maladies infectieuses, etc. 32 000 nouveaux bénévoles ont grossi les rangs des donneurs en 2008. Les femmes sont devenues majoritaires. Les 18-25 ans donnent plus qu’avant. Néanmoins, seules la mobilisation, puis la fi délité de futurs bénévoles permettront de renforcer la fragile autosuffisance de notre chaîne transfusionnelle. L’idéal ? Donner son sang deux fois par an… ou plus. Mais tout le monde ne peut pas être Al Fischer… Ce septuagénaire de l’État de New York s’est rendu en septembre dernier pour la 320e fois en cinquante-huit ans dans son centre de transfusion. Selon le directeur du centre, ses dons ont permis de sauver un millier de vies. Vous avez dit “solidarité” ?
Anne-Yvonne Guyomard :
« Je donne mon sang deux fois par an. J’ai commencé il y a dix ans, lors d’une collecte organisée dans mon lycée. Pour moi, c’est un engagement citoyen. Ça ne coûte rien, seulement une demi-heure de son temps, mais je sais que ce petit geste-là peut contribuer à sauver une vie. On parle beaucoup de solidarité : le don du sang est une façon simple de tendre la main aux autres. »
Virginie Bourdon :
« Le 29 décembre 2005, je suis partie à la maternité pour donner naissance à ma petite Coline. Tout a basculé à cause d’une hémorragie lors de la délivrance. J’ai été transfusée massivement, en urgence. Sans cette transfusion, je ne serais plus là aujourd’hui. On pense toujours que ce genre d’accident ne peut pas nous arriver… Mon bonheur d’être vivante, je le dois à tous ceux qui offrent généreusement leur sang. Merci à vous : vous m’avez sauvé la vie. Puisse mon témoignage encourager d’autres personnes à faire ce geste. »
(extrait de la revue Macif Tandem n°27- Janvier 2010- p24-25)