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  Une Révolution scientifique : les nanotechnologies  
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par Julia PELHATE
On en parle beaucoup à l’heure actuelle : les nanotechnologies sont présentes dans la plupart des matériaux de notre vie quotidienne.
Les scientifiques qui les ont découvertes les considèrent comme une révolution dans la construction des matériaux. Elles suscitent par ailleurs un grand débat dans la communauté médicale et scientifique, par rapport à leur effet supposé sur la santé. Mais que sont ces nanotechnologies ? Dossier.

Sommaire
 1/ La science à l’échelle du nanomètre (2’03’’)
 2/Les nanotechnologies au quotidien (4’32’’)
 3/ La face cachée des nanotechnologies : le débat (8’23’’)

1/ La science à l’échelle du nanomètre (2’03’’)

Des études scientifiques récentes ont permis de développer de nouvelles techniques (chimique, physique et biologique) pour la conception, la production et l’application de structures, en modifiant la matière à l’échelle de l’atome. Ces techniques sont appelées les nanotechnologies.
C’est une science à l’échelle du nanomètre, soit à 0,000 001 millimètre. Cette échelle serait 500 000 fois plus petite que l’épaisseur du trait d’un stylo à bille.

Cette technologie permet de fabriquer des matériaux plus solides, en modifiant la composition de la matière. Ces composants minuscules en trois dimension sont appelés atomes. Chaque composant a une chaine d’atomes qui lui est propre, ce qui rend la forme des matériaux différente.
Jusqu’à maintenant, les scientifiques ont seulement réussi à modifier l’ensemble des atomes (à l’échelle macroscopique). Avec les nanotechnologies, ils ont la possibilité de modifier la composition, atome par atome pour rendre la matière plus concentré, pour la rendre plus solide, ou encore pour changer sa couleur.

Le marché de ces nouvelles technologies est estimé à plusieurs milliards de dollars à l’horizon 2015.

2/ Les nanotechnologies au quotidien (4’32’’)

La découverte des nanotechnologies pourrait annoncer une révolution industrielle. Des milliers de brevets ont été déposés. En 2003, 2600 brevets sont déposés à l’Office Européen des Brevets. Ces nanotechnologies concernent toutes les matières disponibles, qu’elles soient chimiques, biologiques ou électroniques.

On parle de la nanobiologie et de la nanomédecine, pour tout ce qui concerne la biologie et les laboratoires pharmaceutiques. Cette technologie permet de composer des médicaments efficaces, de développer des agents contrastants pour l’imagerie des cellules, des thérapeutiques pour la lutte contre le cancer.

Les nanotechnologies sont aussi utilisées pour l’énergie : une amélioration des matériaux conducteurs permet d’améliorer leur isolement thermique et de conduire l’énergie efficacement. Certaines lumières sont aussi faites de nanotechnologies, comme les très demandés écrans LCD.

En électronique, nos ordinateurs et nos téléviseurs se composent également de matières nanotechnologiques : la structure des puces électroniques regorge de cette technologie. On parle alors de nano-informatique.

La production de matériaux nanotechnologiques intéressent les entreprises car il y a également un enjeu économique : la production de matériaux plus solides et plus légers peut coûter moins cher que celle des matériaux habituels. Elle intéresse notamment l’industrie aéronautique et automobile : les gros avions d’Airbus A350 et A380 sont équipé de ces matériaux nanotechnologiques.

Les nanoparticules sont notamment utilisées pour certains produits cosmétiques. Des actifs sont encapsulés dans ces nanoparticules pour leur donner de nouvelles propriétés. Elles améliorent ainsi le pouvoir couvrant, adhérent et pénétrant des produits cosmétiques. Quand nous mettons de la crème solaire, en contact avec la peau, la crème devient transparente : c’est grâce à ces nanoparticules, dans lesquelles l’oxyde de titane est encapsulé.

3/ La face caché des nanotechnologies : le débat (8’23’’)

Ces nouvelles technologies inquiètent les scientifiques et les organisations sanitaires. Alors que les investissements financiers privés et publics dans ces technologies sont considérables, moins de 5% des budgets sont consacrés à l’évaluation des risques.
Dans un rapport publié fin 2008, L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) juge que, compte tenu de sa jeunesse, la nanotechnologie fournit des résultats encore peu nombreux et parfois contradictoires. Ces technologies font donc l’objet de débats sanitaires, politiques et posent même des questions éthiques. Quels sont ces risques ?

Enjeu économique :
La généralisation de l’usage de ces matériaux bouleverserait l’industrie traditionnelle d’extraction et de production de matériaux, et affecterait notamment l’industrie minière, essentiellement située dans des pays en voie de développement.

Risque écologique :
Bien que la nanotechnologie puisse aider au recyclage de déchets industriels en désassemblant les matières premières à l’échelle nanométrique, il existe pourtant des risques liés à la généralisation des nanoparticules lors de la dégradation naturelle des produits.
Des études réalisées sur des chaussettes anti transpiration ont relevé un danger écologique : lors du lavage des chaussettes, des nanoargents sont rejetés dans l’eau sale et passent tous les filtres d’épuration. Ces nanoargents sont ensuite jetés dans la nature, provoquant un risque majeur vis-à-vis des animaux aquatiques.

Risque sanitaire :
De nombreuses marques ont annoncé les nanotechnologies comme une révolution cosmétique. Mais les nanotechnologies sont récentes, leurs effets sur la santé ne sont pas bien connus. Certaines études ont néanmoins d’ores et déjà alerté la communauté scientifique quant à la toxicité des nanoparticules.
La nanotoxicologie est la branche de la toxicologie qui étudie l’impact des nanotechnologies sur la santé des êtres humains. Elle a notamment relevé un risque majeur pour l’humain avec une exposition par voie respiratoire : les nanoparticules sont tellement minuscules qu’elles traverseraient la barrière de l’épithélium pulmonaire pour atteindre la circulation sanguine et se répartir dans l’organisme. Elle pourrait même franchir la barrière placentaire.
Des chercheurs américains ont mis en évidence les possibles dangers des nanoparticules (présentes notamment dans des crèmes solaires) pour les voies respiratoires où leurs effets seraient comparables à ceux de l’amiante.

Question de liberté individuelle :
Les nanotechnologies permettraient d’étendre les possibilités dans le traçage des personnes et la biométrie. Le marché de la biométrie étant en plein croissance, l’existence de puces d’identification est largement utilisée au quotidien (carte d’identité, carte de transports, etc.).
Des puces sous-cutanées sont donc déjà employées pour identifier des animaux ou des personnes volontaires. On les propose par ailleurs à certains prisonniers, en échange d’une liberté conditionnelle.
Ces applications ont fait l’objet de critiques par rapport à leurs conséquences sur la liberté individuelle. Par ailleurs, personne n’a encore prouvé, que ces puces sous-cutanées nanométriques n’ont aucun effet sur la santé.

Question d’éthique :
En 1999, l’informaticien Bill Joy a publié dans Wired un article intitulé : « Pourquoi le futur n’a pas besoin de nous », sous-titré de « les technologies les plus puissantes du XXIe siècle : Le génie génétique, la robotique et les nanotechnologies menacent d’extinction l’espèce humaine ». Cet article a provoqué une prise de conscience et diverses prises de position, face aux risques des nanotechnologies.

En effet, les nanotechnologies soulèvent des questions philosophiques et éthiques liées au remplacement de l’homme par les robots, à la mutation de l’homme, à son hybridation avec la technique. On parle alors de transhumanisme. Le dépassement de l’Homme par une forme de vie et d’intelligence supérieure a même été envisagé par certains.

Les possibilités d’utiliser les nanotechnologies sont immensément vastes. Jusqu’où pouvons-nous aller dans la modification de la base même du corps naturel (matériel ou biologique) ? Quelles sont les limites à ne pas dépasser ?

La science étant en pleine mutation et en constante évolution, le débat des nanotechnologies est donc loin d’être terminé et nous en entendrons parler pendant encore longtemps.

Sources :
 Infofax n°978 30 mars 2010
 fr.wikipedia/nanotechnologie
 fr.wikipedia/debatnanotechnologie
 www.cnrs.fr

16 avril 2010
 
 
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