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  Les classes en langue des signes de Toulouse : 20 ans déjà !  
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Le 11 février 2006, les associations APES et IRIS ont organisé un anniversaire pour les 20 ans des classes en langue des signes à Ramonville, prés de Toulouse. Il y avait des conférences, une exposition, des rencontres et échanges divers.

Sommaire
 1ère partie
 2ème partie
 3ème partie

1ère partie Des gens sont venus de toute la France, ils étaient 300. C’est bien la preuve qu’il y a un réel besoin ! Il y avait une exposition et des conférences relatant l’histoire depuis 20 ans. La première période présentée a été celle d’avant 1985. Ensuite la création des classes primaires, puis le collège et enfin le lycée. Ces classes sont toujours en activité sur Ramonville et Toulouse. Les enseignants ont affaire à une nouvelle génération. Des personnalités sont venues soutenir cet événement. Regardez !

Reportage

Interview de Jean-Luc MOUDENC, Maire de Toulouse et conseiller général : -"Je suis très impressionné par l’assistance considérable, des gens sont venus de loin, parce qu’à Toulouse se sont accumulées un certain nombre d’expériences différentes, pour que les sourds soient mieux insérés dans la vie quotidienne, soient pleinement citoyens et reconnus comme citoyens. Nous venons de voir ce parcours depuis 20 ans, qui dit toutes les difficultés surmontées. Alors il y a encore beaucoup de choses à faire, mais il y a quand même une reconnaissance, une prise de conscience qui est intervenue aujourd’hui et qui n’existait pas il y a quelques années, donc je trouve cela très encourageant. ... Je suis partisan d’un dialogue, d’un travail avec IRIS, pour inventorier les problèmes, pas seulement avec la mairie, mais aussi peut-être le rectorat, la préfecture, l’Etat en général, les autorités au niveau national, parce qu’il y a des problèmes qu’on ne peut pas résoudre au niveau local uniquement. Il faut inventorier ces problèmes et voir les démarches à faire pour pérenniser, solidifier les avancées enregistrées."

Il y avait parmi la foule des anciens élèves, des professeurs et des parents, pour qui les rencontres ont été très riches. Comme conférenciers, diverses personnes sont montées sur scène s’exprimer. Des enseignants ont présenté leur expérience avec une grande fierté. Des parents ont relaté leur parcours de militants de la première heure jusqu’à aujourd’hui. Des élèves ayant suivi une scolarité en langue des signes jusqu’au lycée ont montré à quel point ils étaient épanouis. La liste des métiers que ces élèves ont choisi, a été projetée, afin de montrer la diversité possible des choix d’avenir et pour donner un modèle aux plus jeunes !

Juliette : ..."En primaire on était 5 élèves et puis on s’est retrouvé à deux avec Emilie pendant plusieurs années. Quand je suis arrivée en 6ème, j’étais dans une classe de 6 ! C’était très riche !" ... Nicole : ..."Nous sommes venus ici à Toulouse pour notre enfant ..." ... Emilie : ..."Nous sommes aussi allés découvrir les classes de Châlon !..." ... Delphine : ..."J’avais fais un essai pour une journée dans une structure oraliste. Le professeur parlait, et je ne comprenais rien ! Les autres élèves sourds, eux, semblaient suivre. Dans cette situation, j’avais l’impression d’être anormale." ...

Interview de Christian Deck, premier Président de 2LPE : -"Oui, bien sûr, je suis ému ! Je suis venu aux 20 ans des classes bilingues de Toulouse mais on a déjà fêté l’anniversaire d’autres classes, celles de Châlon, de Poitiers...Je suis surtout fier quand je pense aux élèves ! Quand on voit que sur la liste des élèves d’ici, ils ont été 111 à être passés par ces classes, je suis agréablement surpris ! Si je suis venu ici aujourd’hui, c’est surtout pour les enfants ; ils sont la base de tout cela ! Au départ, nous avions bien sûr besoin de la volonté d’agir des parents, ainsi que des militants de 2LPE. Car au départ, la création des classes n’a pas été facile ! Aujourd’hui on voit le résultat, le mouvement a vraiment pris de l’ampleur, il s’est ouvert. Cela a vraiment beaucoup évolué mais attention, ce n’est pas fini !"

Interview de Patrice Dalle, Président ANPES, parent d’enfant sourd : -"Oui, bien sûr, je suis fier. Je suis content pour les enfants, dont ma fille qui est grande maintenant, c’est vrai ! Elle est devenue une citoyenne, autonome, ayant accès à la connaissance par le biais de la langue des signes, libre de voyager à travers le monde. Je crois que c’est ce que tous les parents souhaitent pour leurs enfants, même si cela implique qu’il faut se battre. C’est vrai que c’est dur mais à l’époque c’était pire. Les parents sont heureux d’imaginer un avenir pour leur enfant, qu’il soit sourd ou entendant, peu importe ! Ils souhaitent qu’il ait un avenir et qu’il ait accès à la même éducation que ma fille."

2ème partie Des professeurs d’il y a 20 ans, et ceux qui travaillent actuellement étaient présents pour écouter les témoignages des parents, mais aussi des élèves. Ces derniers sont remarquablement épanouis et sont devenus des citoyens à part entière au sein de la société. Ceci grâce à un enseignement en langue des signes. Alors bravo à tous, et nous les encourageons à être solidaires, fiers et confiants pour que cela puisse perdurer !

Reportage Caroline : -"Je suis arrivée dans cette aventure à la rentrée de septembre 1987, il n’y avait alors qu’une élève en maternelle, Julia." ... Jean-Louis : -"Pour moi cette expérience était unique, mais l’enseignement en langue des signes me paraissait nécessaire !" ... Martine : -"Mon premier objectif était de travailler la langue des signes comme langue de communication, et deuxièmement transmettre aux élèves le plaisir de lire."

Interview de Jean-Claude Bégué, proviseur du collège André Malraux, Ramonville -"Oui, c’est positif pour l’ensemble des élèves scolarisés, mais je dirais plutôt que les élèves sourds sont comme les autres dans le collège André Malraux, ce qui est un des objectifs du collège. Leur seule différence, c’est que leur enseignement est en langue des signes, alors que pour les autres élèves, l’enseignement est en français."

En France, il n’y a que très peu de classes en langue des signes. Alors les jeunes parents actuels doivent prendre conscience qu’il faut créer de nouvelles classes. C’est ce qui est en projet à Brest, Angers et Montpellier, mais on verra la suite. L’Association Nationale des Parents d’Enfants Sourds qui s’appelle l’ANPES fait tout pour les soutenir.

Reportage Interview de Benoît Thomas, Président APES Midi-Pyrénées, parent d’enfant sourd : -"Nous savons qu’il y a ici ou là en France des associations, des parents, qui souhaiteraient mettre en place ce genre de projets, nous sommes au courant. Mais ce que nous avons montré cet après-midi prouve que ce n’est pas rien et que les besoins sont énormes ! Nous ne devons pas nécessairement accroître notre énergie car les gens sont là. Mais il faut être clair sur un point : cette situation est anormale ! Les lois sont établies et pourtant nous nous confrontons encore à de nombreux obstacles. Alors bien sûr ici, nous sommes dans une situation privilégiée car nous avons acquis une longue expérience, nous avons le personnel compétent...mais nous ne pouvons pas continuer de contrôler la situation dans tout le territoire, c’est inacceptable ! C’est pour ces raisons que nous devons sans cesse relancer les pouvoirs publics, comme ici le préfet par exemple, pour qu’ils informent leurs supérieurs. Nous sommes à Toulouse dans le cadre d’une expérimentation, c’est le Ministère de l’Education Nationale qui nous a chargé de cette responsabilité afin de faire évoluer la situation, mais nous attendons aussi des actes... alors comme je le disais, nous devons sans cesse les relancer."

3ème partie Depuis 20 ans, les classes en langue des signes appellent le gouvernement, via le ministère de l’Education Nationale, à observer ce qui se passe dans ces classes. La nouvelle loi du 11 février 2005, au sujet des personnes handicapées, reconnaît officiellement le droit à un enseignement en langue des signes. Mais concrètement, des questions restent en suspens. Plusieurs associations sont en action pour aborder l’aspect concret.

Interview d’Hélène Mignon, vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, députée de la Haute-Garonne et de Pierre Cohen, député-Maire de Ramonville Saint-Agne : Hélène Mignon : -"... En ce qui concerne l’Education Nationale, je pense que les décrets seront identiques à ce qu’on espérait. Par contre, sur tout ce qui est communication, je crois que les délais d’application des décrets risquent d’être beaucoup plus lointains que ce qu’on avait espéré. Donc c’est une lutte qu’il faut encore continuer, il ne faut pas laisser courir les choses..."

Pierre Cohen : -"... C’est un peu comme quand une loi est obtenue par la démocratie, mais qu’un certain nombre de forces empêchent de les mettre en œuvre, et donc il y a nécessité d’aller jusqu’au bout, et c’est pour ça que nous devons être vigilant et demander réellement qu’ils soient appliqués et qu’on rentre réellement dans les faits, maintenant. ...Petit à petit, le temps qui a été de presque 18 ou 19 ans, a permis de rendre le bilinguisme légal. L’important maintenant est de passer de l’expérimentation à du droit commun, c’est-à-dire que ce soit l’application de la loi sur l’ensemble du territoire."

Hélène Mignon : -"...Si on veut que la loi rentre en application, il faut accepter qu’il y ait des enseignants sourds, sans quoi il y a encore une discrimination."

Chapeau aux associations 2LPE et IRIS, et tellement de personnes que nous félicitons. Mais le combat n’est pas terminé !

Reportage Interview de Jean Daubigny, préfet de la Haute-Garonne : -"Je sais que la présence d’enfants avec un handicap dans la communauté scolaire est une richesse pour la communauté scolaire. Je souhaiterais que nous puissions avoir de plus en plus la conscience de cette richesse, que loin de nous différencier, les difficultés que nous pouvons avoir, les handicaps, sont un enrichissement pour tout le monde, et que ceux qui se battent avec un handicap sont souvent un modèle pour les autres. C’est pour remercier toutes celles et tous ceux qui partagent cette conviction que j’avais envie d’être ici un instant avec vous."

Interview d’Emmanuelle Laborit, comédienne et directrice d’IVT : -"Je suis venue car je connais plusieurs membres de l’équipe enseignante toulousaine. Concrètement je n’avais jamais visité les classes. J’ai eu des discussions personnelles avec plusieurs personnes d’ici, mais je n’ai jamais assisté aux cours. Il est important de dire aussi que je suis moi-même militante. Nous voyons ici aujourd’hui que c’est tout à fait possible ! Nous avons la preuve que l’enseignement en langue des signes permet aux élèves d’accéder aux connaissances telles que la lecture, les mathématiques...toutes les connaissances. Je suis venue pour les soutenir car je sais que chaque année il faut reprendre les démarches, c’est vraiment dur de toujours être obligé de se battre pour faire avancer les choses ! La preuve est là et pourtant, les relations avec le ministère de l’Education Nationale ne sont pas encore satisfaisantes car il faudrait qu’ils donnent des financements, que des professeurs sourds soient recrutés par le ministère, mais on en est pas encore là, alors il faut continuer le combat ! C’est pour ça que je suis là, je pense qu’il est vraiment important d’être tous ensemble !"

2 février 2009
 
 
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