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  Les événements et poursuites juridiques de Roman Polanski  
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par Vivien FONTVIEILLE
L’affaire de mœurs de Roman Polanski a été largement diffusée par les médias depuis son arrestation à Zurich le 26 septembre… Malgré le rejet de plusieurs demandes de libération et la demande d’extradition aux Etats-Unis, le cinéaste est toujours placé en détention en Suisse en attendant la procédure du Tribunal suisse. Mais de quoi s’agit-il ? Pourquoi la Justice américaine insiste auprès de la Suisse sur la demande d’extradition de Roman Polanski pour l’affaire des poursuites juridiques ? WebSourd a tenté pour vous d’éclaircir cette affaire…

Sommaire :

1) L’arrestation et la demande d’extradition de Roman Polanski (durée : 3’05")
2) Les poursuites juridiques (durée : 5’27")
3) La victime Madame Geimer demande l’abandon de ces poursuites (durée : 1’26")
4) La Suisse refuse la nouvelle demande de libération de Polanski (durée : 1’02")

L’arrestation et la demande d’extradition de Roman Polanski (durée : 3’05")

Le 26 septembre 2009, alors qu’il se rendait à un festival de cinéma en Suisse afin d’y recevoir un prix pour l’ensemble de sa carrière, il est arrêté par la police à Zurich sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis en 2005. Très rapidement, celui-ci reçoit le soutien de personnalités politiques et artistiques en Europe, puis aux États-Unis.

Le 22 octobre 2009, L’Office fédéral de la justice (OFJ) (Justice suisse) a indiqué que l’ambassade des États-Unis à Berne lui a adressé une demande formelle d’extradition, en respectant ainsi le délai de 40 jours prévu dans le traité d’extradition conclu entre les États-Unis et la Suisse. La réponse de Roman Polanski à cette annonce ne s’est pas fait attendre. Immédiatement après, un de ses avocats, Me Hervé Temime a déclaré à l’AFP : « M. Polanski ne change pas de cap. Il n’acceptera pas la demande d’extradition des États-Unis ».

Roman Polanski aura l’opportunité de faire valoir ses arguments auprès des autorités suisses, une fois que l’OFJ aura transmis la demande d’extradition au canton de Zurich, lieu de détention du cinéaste. Un délai lui sera fixé pour faire valoir ses observations à cette demande d’extradition. Il peut demander lui-même une prolongation de ce délai. Les autorités zurichoises seront chargées de l’audition de Roman Polanski. Elles établiront un procès verbal qui nous sera transmis. Et c’est sur la base de la demande d’extradition et des observations de Roman Polanski que l’OFJ décidera s’il convient d’accorder ou non son extradition aux Etats-Unis. Une fois encore, rien ne sera joué. Car un recours pourra être présenté par le cinéaste contre la décision de l’OFJ auprès du Tribunal pénal fédéral de Bellinzone (Sud de la Suisse) et, en dernière instance, auprès du Tribunal fédéral de Lausanne. Roman Polanski pourra faire appel de la décision de l’OFJ auprès du Tribunal pénal fédéral dans un délai de trente jours.

Les poursuites juridiques de Roman Polanski (durée : 5’27")

Roman Polanski est poursuivi en 1977 pour une affaire de crime sexuel où il est accusé de viol sur une mineure de 13 ans. Alors adolescente, cette dernière affirme à l’époque avoir eu un rapport sexuel forcé sous l’emprise de l’alcool et de drogue. La victime, Samantha Geimer, avait été sélectionnée pour une séance photos commandée par l’édition française du magazine Vogue. Durant la séance, aux abords de la propriété californienne de Jack Nicholson, la jeune fille affirme avoir bu du champagne et consommé un sédatif, le méthaqualone, fournis par le cinéaste avant d’avoir des rapports contraints avec lui.

Polanski est incarcéré 47 jours pour passer des expertises psychiatriques. Il a plaidé coupable pour la relation sexuelle avec un mineur en échange de l’abandon des charges plus graves de viol, de sodomie et de fourniture d’alcool et de drogue à mineur, en accord avec le juge. Mais avant l’audience devant fixer la peine, alors qu’il est libre sous caution, Polanski part pour la France dont il possède la nationalité depuis plus d’un an. Comme d’autres États, la France refuse généralement l’extradition de ses citoyens. Sous le coup d’un mandat d’arrêt américain lancé en 1978, il ne revient jamais sur le sol américain. Certains ont estimé qu’il aurait pu être jugé en France, mais la porte-parole du procureur de Los Angeles fait observer que ce n’est pas possible dans la mesure où Polanski a déjà été reconnu coupable des faits par la justice californienne.

La justice américaine va alors tenter de mettre la main sur Polanski lors de ses déplacements à l’étranger. Des demandes d’extraditions sont adressées aux pays avec lesquels les États-Unis ont signé une convention d’extradition : en mai 1978 au Royaume-Uni, en décembre 1986 au Canada, en 1988 en Allemagne, au Brésil, au Danemark et en Suède, en octobre 2005 en Thaïlande et en 2007 en Israël. Cependant toutes ces tentatives ont été vaines.

La procédure courant contre lui à Los Angeles n’a jamais été annulée et le cinéaste n’a pas remis les pieds depuis plus de 30 ans sur le sol américain, ni pour recevoir l’Oscar du meilleur réalisateur qui lui a été décerné en 2003 pour « Le pianiste », ni se recueillir sur la tombe de son épouse Sharon Tate, sauvagement assassinée par des adeptes du gourou psychopathe Charles Manson en 1969, alors qu’elle était enceinte de huit mois.

Le 2 décembre 2008, le metteur en scène, aujourd’hui âgé de 75 ans, avait déposé via ses avocats un recours auprès d’un tribunal de Los Angeles, lui demandant d’abandonner la procédure courant contre lui depuis plus de 31 ans. Ses défenseurs avaient affirmé avoir mis au jour de nouvelles preuves montrant que le réalisateur n’avait pas bénéficié à l’époque d’une procédure pénale équitable.

Dans sa réponse le 6 janvier 2009, le parquet avait demandé au magistrat de rejeter cette demande tant que Roman Polanski ne se présentait pas lui-même au tribunal : le réalisateur est officiellement « fugitif » et recherché par la justice américaine depuis qu’il a quitté le pays pour éviter d’être emprisonné début 1978.

Par ailleurs, le jugé de la Cour supérieure de Los Angeles avait rejeté en mai une requête de Roman Polanski de voir abandonner les poursuites depuis 30 ans. Il estimait que le cinéaste n’avait pas le droit d’obtenir satisfaction tant qu’il resterait en « fuite ». La prochaine audience a été agendée au 10 décembre. Certes, les avocats du cinéaste vont réclamer la relaxe du réalisateur inculpé dans cette affaire lors de cette audience la date-là.

La victime Mme Geimer demande l’abandon de ces poursuites (durée : 1’26")

Samantha Geimer a déjà réclamé à la justice l’abandon des poursuites contre Roman Polanski, en 1995 et 1997 sans succès.

Le Lundi 19 octobre, Samantha Geimer, la victime dans l’affaire qui a conduit Roman Polanski à fuir les Etats-Unis, a réclamé officiellement à la justice californienne l’abandon des poursuites à l’encontre du cinéaste devant la cour d’appel de Californie à Los Angeles. Samantha Geimer évoque des problèmes de santé liés au harcèlement médiatique dont elle fait l’objet. Elle a dénoncé devant le juge par l’écrit : « J’étais la jeune fille de 13 ans dont Roman Polanski a abusé (...) j’ai demandé que cette affaire se termine sur le plan judiciaire. J’ai pressé le procureur et le tribunal d’abandonner ces poursuites », Et d’ajouter : « aussi vrais qu’ils soient, la publication des détails (de l’agression) font mal à moi, à mon mari, à mes trois enfants et à ma mère ».

Roman Polanski est actuellement incarcéré en Suisse et fait l’objet d’une demande d’extradition de la part des autorités judiciaires américaines. Celles-ci ont fait savoir que, malgré la demande de Mme Geimer, elles n’entendaient pas mettre fin à leurs poursuites.

La Suisse refuse la redemande de libération de Polanski (durée : 1’02")

C’est un nouvel échec pour Roman Polanski. La justice suisse a, une nouvelle fois, rejeté mardi 27 octobre, la demande de libération provisoire du cinéaste franco-polonais détenu depuis la fin du mois de septembre sur mandat d’arrêt américain. Le 20 octobre dernier déjà, une première demande de liberté avait été refusée en raison des « risques « élevés » de fuite » du cinéaste, et ce, malgré les garanties de ses avocats. Roman Polanski a été brièvement hospitalisé en fin d’octobre. Son état de santé inquiète vivement ses avocats. Et le dimanche 1 novembre, les avocats de Roman Polanski ont déposé une nouvelle demande de liberté provisoire au ministère de la Justice.

Savoir plus sur Polanski (durée : 39")

En Suisse, octobre dernier, quelques cinémas romands programment le documentaire "Roman Polanski : Wanted and Desired" (Roman Polanski : recherché et désiré) sur l’affaire Polanski que signe Marina Zenovich. Ce long métrage déjà commercialisé en DVD depuis septembre 2009, sera projeté sur grand écran.









Liens

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_Polanski

http://news.google.fr/Roman_Polanski

16 novembre 2009
 
 
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