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  Le génocide arménien  
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par Camille PETER
Le samedi 24 avril 1915, à Constantinople, capitale de l’Empire Ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. Cet homicide marquera le début d’un massacre qui fera environ 1,2 million de victimes dans la population arménienne.

(Durée:10’23")

L’Arménie se situe aujourd’hui entre la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la Turquie. Le génocide arménien se déroule principalement dans l’Est de l’actuelle Turquie. Aux premiers siècles de son existence, l’empire ottoman comptait une majorité de chrétiens (Slaves, Grecs, Arméniens, Caucasiens, Assyriens....). Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l’administration. Peu à peu, les Arméniens vont subir une discrimination officielle. Ils étaient considérés comme des citoyens de seconde zone qui devaient payer plus d’impôts. Ils n’avaient pas le droit de porter des armes (contrairement aux musulmans). Dans leur grande majorité, c’étaient des paysans pauvres qui devaient subir les violences des nomades kurdes armés venant régulièrement les rançonner.

Au 19ème siècle, l’Empire Ottoman s’affaiblit, les arméniens, population culturellement mise à part dans l’Empire Ottoman, rêvent d’indépendance. Alors qu’ils se révoltent et réclament des réformes, le sultan Abdülhamid II organise une modernisation des institutions. Et parallèlement, il ordonnera le massacre de 250 000 arméniens environ par des tribus kurdes organisées et armées qui répandent la terreur. Un million de victimes sont dépouillées de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d’églises sont brûlées ou transformées en mosquées... Rien qu’en juin 1896, dans la région de Van, au cœur de l’Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte.

En 1908, le parti des « Jeunes Turcs » arrivent au pouvoir, apportant des promesses d’égalité et de fraternité entre tous les peuples de l’empire. Beaucoup y ont cru. Très rapidement, ce nouveau parti ne verra pas d’un bon œil la volonté d’indépendance de l’Arménie. Dès avril 1909 des massacres commencent en Cilicie, d’abord à Adana, puis dans le reste de la région. On compte 20.000 à 30.000 morts à Adana.

Avant même que la première guerre mondiale n’éclate en Europe, les Arméniens étaient régulièrement soumis aux massacres, aux conversions forcées à l’islam et à l’exil.

La solution finale Le 29 octobre 1914, la Turquie s’allie à l’Allemagne et entre en guerre contre les Alliés. Le champ est désormais libre. Dès janvier 1915, on désarme les 250 000 soldats arméniens de l’armée ottomane pour les affecter dans des « bataillons de travail ». À l’aube du 24 avril 1915, qui deviendra la date commémorative, le coup d’envoi du génocide est donné par l’arrestation à Constantinople de 650 intellectuels et notables arméniens. Dans les jours suivants, ils seront en tout 2 000, dans la capitale, à être arrêtés, déportés et assassinés. Dans tout l’Empire Ottoman, c’est le même scénario : on arrête puis on assassine partout les élites. A la fin de 1915, à l’exception de Constantinople et de Smyrne, toutes les populations civiles arméniennes de l’Empire ottoman avaient pris le chemin mortel de la déportation vers un point final : Deir ez-Zor en Syrie.

Les convois de déportation étaient formés par des regroupements de 1 000 à 3 000 personnes. Très rapidement, on sépare des convois les hommes de plus de 15 ans qui seront assassinés à l’arme blanche par des équipes de tueurs dans des lieux prévus à l’avance. Parfois les convois sont massacrés sur place, à la sortie des villages ou des villes, notamment dans les provinces orientales isolées. Les autres, escortés de gendarmes, suivront la longue marche de la mort vers le désert, à travers des chemins arides ou des sentiers de montagne, privés d’eau et de nourriture, rapidement déshumanisés par les sévices, les assassinats, les viols et les rapts de femmes et d’enfants perpétrés par les Kurdes et les Tcherkesses. Les survivants, arrivés à Deir ez-Zor, seront parqués dans des camps de concentration dans le désert et seront exterminés, par petits groupes, par les tueurs de l’Organisation Spéciale et les Tchétchènes spécialement recrutés pour cette besogne. Beaucoup seront attachés ensemble et brûlés vifs.

A la fin de 1916, le bilan est lourd : environ deux tiers des Arméniens de l’Empire ottoman sont exterminés. Seuls survivent les habitants de Constantinople, de Smyrne, quelque 350 000 personnes qui ont réussi à se réfugier en Arménie russe, quelques poignées de combattants qui résistent et se cachent encore dans la montagne et des milliers de femmes, de jeunes filles et d’enfants récupérés par des Turcs, des Kurdes et des Arabes.

L’Arménie occidentale était anéantie, mais les Turcs ne s’arrêtèrent pas là. Profitant de la retraite de l’armée russe consécutive à la révolution de 1917, la Turquie lança une offensive sur l’Arménie orientale (russe). Elle fut arrêtée au dernier moment par une fantastique mobilisation populaire le 24 mai 1918 à Sardarapat, près d’Erevan. Le 28 mai, l’Arménie proclamait son indépendance et devenait, après des siècles de dominations diverses, la première République d’Arménie.

Le 30 octobre 1918, la capitulation de l’Empire Ottoman, suscita de vastes espoirs chez les Arméniens survivants. Effectivement, au début, les Alliés vainqueurs semblaient tenir leurs promesses de rendre justice à ce peuple. Le traité de Sèvres accordait l’existence d’un état arménien sur une bonne partie des provinces orientales de l’ex-Empire ottoman. En 1919, il y eut même un équivalent du « procès de Nuremberg » avec le « Procès des Unionistes » à Constantinople. Les principaux responsables du génocide s’étaient enfuis en Allemagne ; ils furent néanmoins condamnés à mort.

La République turque, qui a succédé en 1923 à l’Empire Ottoman, ne nie pas la réalité des massacres mais jusqu’à aujourd’hui, ils en contestent toujours la responsabilité et surtout ils rejettent le qualificatif de « génocide ».

source : wikipédia

Liens : résumé d’histoire de génocide arménien

15 juin 2012
 
 
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